Ce que taxent les droits de succession
L'impôt se calcule héritier par héritier : chacun paie sur la part nette qu'il reçoit, au tarif du jour du décès et selon son lien avec le défunt (BOFiP, § 10 et 20). Les parts se calculent sur les biens du défunt estimés à sa mort, dettes retirées, puis répartis selon la loi, le testament et les donations déjà faites (service-public.fr). Deux règles allègent la masse taxable :
- les frais funéraires se déduisent pour 1 500 €, ou pour tout l'actif s'il est plus faible (CGI, art. 775) ;
- la résidence principale du défunt ne compte que pour 80 % de sa valeur si, au décès, elle est aussi celle du conjoint, du partenaire de Pacs, ou d'un enfant de l'un d'eux mineur, majeur protégé ou empêché de travailler par une infirmité (CGI, art. 764 bis).
Le capital d'une assurance-vie versé à un bénéficiaire désigné reste hors succession (code des assurances, art. L. 132-12) : voir assurance-vie et succession. Les immeubles reçus peuvent ensuite rendre l'héritier redevable de l'impôt sur la fortune immobilière. L'assistant fiscal IA répond sur ces droits sans les calculer.
Abattement succession : ce que chacun reçoit sans payer
Avant le barème, chaque héritier retire de sa part un abattement fixé selon son lien avec le défunt (CGI, art. 779 et 788). Le conjoint marié et le partenaire de Pacs ne paient rien (CGI, art. 796-0 bis).
| Héritier | Abattement | Tarif après abattement |
|---|---|---|
| Conjoint marié, partenaire de Pacs | Exonéré | Aucun droit |
| Enfant, père ou mère | 100 000 € | Ligne directe : 5 % à 45 % |
| Petit-enfant représentant son parent prédécédé ou renonçant | Sa part des 100 000 € de ce parent | Ligne directe |
| Petit-enfant légataire, parent en vie | 1 594 € | Ligne directe |
| Frère ou sœur | 15 932 € (exonéré sous conditions) | 35 %, puis 45 % au-delà de 24 430 € |
| Neveu ou nièce | 7 967 € | 55 % |
| Autre parent jusqu'au 4e degré (cousin germain…) | 1 594 € | 55 % |
| Parent plus éloigné, concubin, ami | 1 594 € | 60 % |
L'abattement est personnel : la fraction qu'un héritier n'utilise pas ne passe pas aux autres (BOFiP, BOI-ENR-DMTG-10-50-20, § 70). Il joue à chaque décès : 100 000 € au décès de la mère, puis 100 000 € à celui du père (service-public.fr). Trois cas à part :
- une infirmité empêchant de travailler normalement ajoute 159 325 € à l'abattement de parenté (CGI, art. 779, II), mais pas aux 1 594 € (BOFiP, § 190) ;
- le frère ou la sœur sans conjoint (célibataire, veuf, divorcé ou séparé de corps), de plus de 50 ans ou infirme, qui a vécu avec le défunt pendant ses cinq dernières années est exonéré (CGI, art. 796-0 ter) ;
- le neveu ou la nièce venant à la place de son parent, frère ou sœur du défunt, peut relever sous conditions du tarif et de l'abattement des frères et sœurs (service-public.fr).
Le barème des droits de succession en 2026
En ligne directe (enfants, petits-enfants, parents, grands-parents), la part taxable se découpe en tranches, chacune imposée à son taux (CGI, art. 777, tableau I) :
| Fraction de la part taxable | Taux |
|---|---|
| Jusqu'à 8 072 € | 5 % |
| De 8 072 € à 12 109 € | 10 % |
| De 12 109 € à 15 932 € | 15 % |
| De 15 932 € à 552 324 € | 20 % |
| De 552 324 € à 902 838 € | 30 % |
| De 902 838 € à 1 805 677 € | 40 % |
| Au-delà de 1 805 677 € | 45 % |
Les trois premières tranches coûtent ensemble 1 380,75 € (403,60 € + 403,70 € + 573,45 €). Ensuite, jusqu'à 552 324 € de part taxable, chaque euro coûte 20 centimes.
Hors ligne directe : 35 %, puis 45 % au-delà de 24 430 €, entre frères et sœurs ; 55 % entre autres parents jusqu'au 4e degré ; 60 % au-delà et sans lien de parenté (CGI, art. 777, tableau III).
Deux successions calculées pas à pas
Premier cas : une mère veuve meurt en 2026 en laissant 520 000 € net, dettes déduites, à ses deux enfants. Elle ne leur a rien donné depuis plus de 15 ans.
Second cas : un homme sans enfant meurt en 2026 et lègue par testament 120 000 € à sa nièce, dont la mère, sœur du défunt, est en vie.
Pour votre propre cas, le simulateur des droits de succession et de donation refait ce calcul, tranche par tranche, donations des 15 dernières années comprises.
Les donations des 15 dernières années comptent
Les donations faites par le défunt au même héritier depuis moins de 15 ans sont rappelées (CGI, art. 784) : elles ont déjà consommé une partie de l'abattement, et des tranches si elles ont été taxées. Plus anciennes, elles ne comptent plus (notice 2705, p. 17) ; les dons familiaux d'argent exonérés et déclarés dans le mois ne sont pas rappelés (service-public.fr).
Pour une donation, voir la donation à un enfant. Le projet de loi de finances pour 2027 prévoit un régime à part pour des dons d'argent faits en 2027 à des descendants, qui ne seraient pas rappelés à la succession (texte de l'Assemblée, art. 4). Rien n'est voté : voir la page du projet de loi de finances 2027.
Déclarer la succession : qui, quand, où
Héritiers, légataires et donataires déposent une déclaration, même exonérés (CGI, art. 800, service-public.fr) ; pour les héritiers, une seule suffit, signée par l'un d'eux (notice 2705, p. 1). Sont dispensés :
- descendants, ascendants, conjoint et partenaire de Pacs, si les biens du défunt valent moins de 50 000 € avant déduction des dettes et s'ils n'ont reçu de lui aucune donation ni aucun don manuel resté non déclaré ou non enregistré ;
- les autres héritiers, si ces biens valent moins de 3 000 €.
Le délai court du décès : six mois s'il a eu lieu en France métropolitaine, un an dans les autres cas, avec des délais propres à l'outre-mer (CGI, art. 641, notice 2705, p. 2). Les formulaires 2705 et 2705-S, en deux exemplaires, se déposent au service de l'enregistrement compétent pour le domicile du défunt. Un notaire est obligatoire si la succession compte un bien immobilier (service-public.fr).
En retard, les droits supportent un intérêt de 0,20 % par mois (CGI, art. 1727), plus une majoration de 10 % dès le premier jour du septième mois qui suit celui où expire le délai de six mois, et de 40 % sans dépôt dans les 90 jours d'une mise en demeure (CGI, art. 1728).
Payer les droits : comptant, fractionné ou différé
Les droits se paient au dépôt de la déclaration (CGI, art. 1701), par carte, virement, chèque, ou en espèces jusqu'à 300 € (notice 2705, p. 2). Les héritiers sont solidaires : l'administration peut réclamer à l'un d'eux les droits de tous, sauf aux exonérés (CGI, art. 1709). Sur demande jointe à la déclaration, avec l'accord de tous les héritiers, des garanties et en principe des intérêts (service-public.fr), le paiement peut être :
- fractionné : trois versements égaux au plus, espacés de six mois au plus, le dernier un an au plus tard après la fin du délai de déclaration ; sept sur trois ans si la moitié de l'actif au moins est faite de biens peu liquides, comme des immeubles ou des titres non cotés (CGI, annexe III, art. 404 A) ;
- différé, pour les droits sur des biens reçus en nue-propriété : jusqu'à six mois après la fin de l'usufruit, qui rend l'héritier plein propriétaire, ou après la vente de la nue-propriété (CGI, annexe III, art. 404 B).
Questions fréquentes
Quel est l'abattement sur une succession pour un enfant ?
100 000 € par enfant, au décès de chaque parent, moins la part de cet abattement déjà utilisée par des donations du même parent depuis moins de 15 ans. Un enfant qu'une infirmité empêche de travailler normalement y ajoute 159 325 €. Le reste suit le barème en ligne directe : un enfant qui hérite de 210 000 € est taxé sur 110 000 €, soit 1 380,75 € pour les trois premières tranches et 18 813,60 € à 20 %, 20 194,35 € en tout.
Quel est le barème des droits de succession en 2026 ?
En ligne directe, sept tranches : 5 % jusqu'à 8 072 €, 10 % jusqu'à 12 109 €, 15 % jusqu'à 15 932 €, 20 % jusqu'à 552 324 €, 30 % jusqu'à 902 838 €, 40 % jusqu'à 1 805 677 €, 45 % au-delà. Entre frères et sœurs : 35 % jusqu'à 24 430 €, puis 45 %. Entre autres parents jusqu'au 4e degré : 55 %. Au-delà, ou sans lien de parenté : 60 %. Ces taux s'appliquent après l'abattement.
Le conjoint survivant paie-t-il des droits de succession ?
Non : le conjoint marié et le partenaire de Pacs sont exonérés, quel que soit le montant reçu. Ils déposent tout de même la déclaration, sauf si les biens du défunt valent moins de 50 000 € et qu'ils n'ont reçu de lui aucune donation ou aucun don manuel non déclaré. Un partenaire de Pacs n'hérite que par testament. Un concubin est taxé comme une personne sans lien de parenté : 60 % après 1 594 € d'abattement, soit 29 043,60 € pour un legs de 50 000 €.
Combien paie un frère ou une sœur sur une succession ?
Rien s'il remplit trois conditions au décès : il est sans conjoint (célibataire, veuf, divorcé ou séparé de corps) ; il a plus de 50 ans ou une infirmité qui l'empêche de travailler ; il partageait le domicile du défunt depuis cinq ans. Sinon, il déduit 15 932 €, puis paie 35 % jusqu'à 24 430 € et 45 % au-delà. Pour 60 000 € reçus : 8 550,50 € + 19 638 × 45 % (8 837,10 €) = 17 387,60 €.
Quel délai pour déclarer une succession et payer les droits ?
Six mois à compter du décès s'il a eu lieu en France métropolitaine, un an s'il a eu lieu à l'étranger ; l'outre-mer a ses propres délais. Les droits se paient au dépôt de la déclaration, en une fois ou, sur demande, en trois versements au plus sur un an, sept sur trois ans si l'actif est fait pour moitié de biens peu liquides. Passé le délai, chaque mois de retard ajoute un intérêt de 0,20 %, et une majoration de 10 % peut suivre.
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Sources
- CGI, article 777 (tarif des droits : ligne directe, frères et sœurs, autres parents, non-parents), version en vigueur depuis le 30 décembre 2014
- CGI, article 779 (abattements de 100 000 €, 159 325 €, 15 932 € et 7 967 €), version en vigueur depuis le 1er janvier 2013
- CGI, article 788 (abattement de 1 594 € à défaut d'autre abattement), version en vigueur depuis le 1er août 2020
- CGI, article 796-0 bis (exonération du conjoint survivant et du partenaire de Pacs), version en vigueur depuis le 22 août 2007
- CGI, article 796-0 ter (exonération de certains frères et sœurs), version en vigueur depuis le 22 août 2007
- CGI, article 784 (rappel des donations de moins de quinze ans), version en vigueur depuis le 1er janvier 2017
- CGI, article 764 bis (abattement de 20 % sur la résidence principale), version en vigueur depuis le 1er janvier 2005
- CGI, article 775 (frais funéraires déduits pour 1 500 €), version en vigueur depuis le 1er janvier 2003
- CGI, article 800 (déclaration de succession et dispenses), version en vigueur depuis le 1er janvier 2020
- CGI, article 641 (délais de six mois et d'un an), version en vigueur depuis le 1er juillet 1979
- CGI, article 1701 (paiement des droits avant l'enregistrement), version en vigueur depuis le 1er juillet 1979
- CGI, article 1709 (solidarité des cohéritiers), version en vigueur depuis le 29 décembre 2008
- CGI, article 1727 (intérêt de retard de 0,20 % par mois), version en vigueur depuis le 16 février 2025
- CGI, article 1728, 2 (majorations de 10 % et 40 % pour la déclaration de succession), version en vigueur depuis le 21 février 2026
- CGI, annexe III, article 404 A (paiement fractionné : 3 versements sur un an, 7 sur trois ans), version en vigueur depuis le 31 décembre 2023
- CGI, annexe III, article 404 B (paiement différé des droits sur la nue-propriété), version en vigueur depuis le 31 décembre 2023
- Code des assurances, article L. 132-12 (capital versé à un bénéficiaire désigné, hors succession), version en vigueur depuis le 17 juillet 1992
- BOFiP, BOI-ENR-DMTG-10-50-20 du 24 mai 2023 : abattements en ligne directe (§ 10 à 70), personnes handicapées (§ 190), abattement de 1 594 € (§ 200)
- BOFiP, BOI-ENR-DMTG-10-50-30 du 29 septembre 2014 : tarif du jour du décès, part nette de chaque héritier (§ 10 et 20)
- DGFiP, notice 2705-NOT-SD (04-2025) de la déclaration de succession : déclarants (p. 1), délais, pénalités et paiement (p. 2), abattements et tarifs (p. 17 et 18), donations antérieures (p. 21)
- service-public.gouv.fr, fiche F35794 (droits de succession selon le lien avec le défunt), vérifiée le 19 août 2026
- service-public.gouv.fr, fiche F14198 (évaluation de la succession et calcul des droits), vérifiée le 9 février 2026
- service-public.gouv.fr, fiche F80 (déclaration de succession), vérifiée le 29 janvier 2025
- service-public.gouv.fr, fiche F36432 (paiement des droits de succession), vérifiée le 24 juillet 2025
- Projet de loi de finances pour 2027, texte de l'Assemblée nationale du 20 octobre 2026 (document provisoire), article 4 : dons de sommes d'argent faits en 2027 (p. 23 et 24)
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