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Assurance-vie et succession : ce que paie le bénéficiaire au décès

Le capital d'une assurance-vie versé à un bénéficiaire désigné reste hors de la succession, avec sa propre fiscalité, qui dépend surtout de l'âge de l'assuré à chaque versement. Primes versées avant 70 ans, primes versées après, contrats anciens : voici les règles, deux cas chiffrés et les démarches pour toucher le capital.

Règles vérifiées le · sources en fin de page

Assurance vie et succession : un capital mis à part

Quand le contrat désigne un bénéficiaire, le capital versé au décès n'entre pas dans la succession de l'assuré : ce bénéficiaire est réputé y avoir eu droit seul dès la signature du contrat (code des assurances, art. L. 132-12).

Sans bénéficiaire désigné, le capital retombe dans la succession (art. L. 132-11) ; de même, pour l'administration, si tous les bénéficiaires renoncent ou si la désignation est caduque, et l'enfant d'un bénéficiaire mort avant l'assuré ne prend pas sa place (BOFiP, BOI-ENR-DMTG-10-10-20-20, § 30 et 240). Le capital suit alors les droits de succession.

Hors succession ne veut pas dire hors impôt : selon l'âge de l'assuré à chaque versement, le bénéficiaire paie un prélèvement propre à l'assurance-vie ou des droits de succession, que l'assistant fiscal IA explique sans les calculer. Les retraits faits du vivant de l'assuré relèvent de la fiscalité des rachats.

Primes versées avant 70 ans : 152 500 € par bénéficiaire, puis 20 %

Pour les primes versées avant les 70 ans de l'assuré, et depuis le 13 octobre 1998, chaque bénéficiaire paie un prélèvement sur ce qu'il reçoit, gains compris, après un abattement de 152 500 € (CGI, art. 990 I ; BOFiP, BOI-TCAS-AUT-60, § 80 et 180) :

  • 20 % sur la part taxable jusqu'à 700 000 €, soit jusqu'à 852 500 € reçus ;
  • 31,25 % sur la part taxable au-delà de 700 000 €.

L'abattement suit le bénéficiaire, pas le contrat : avec plusieurs contrats sur la tête du même assuré, il n'en a qu'un (BOFiP, § 290 à 305). Ces sommes échappent aux droits de succession (BOFiP, BOI-ENR-DMTG-10-10-20-20, § 60) : un enfant garde ses 100 000 € d'abattement pour sa part d'héritage, dont les droits se calculent avec le simulateur des droits de succession.

Vous êtes bénéficiaire d'une assurance-vie ? L'assistant fiscal IA répond en termes généraux sur l'assurance-vie au décès, sans calculer prélèvement ni droits, et chiffre vos leviers d'impôt sur le revenu.

Primes versées après 70 ans : droits de succession au-delà de 30 500 €

Sur un contrat souscrit depuis le 20 novembre 1991, les primes payées après les 70 ans de l'assuré supportent les droits de succession, selon le lien de parenté entre l'assuré et le bénéficiaire (CGI, art. 757 B) :

  • seules les primes comptent : les gains qu'elles ont produits ne sont pas taxés (BOFiP, BOI-ENR-DMTG-10-10-20-20, § 170) ;
  • un abattement unique de 30 500 € vaut pour l'ensemble des contrats sur la tête de l'assuré ; il se répartit selon la part de chaque bénéficiaire dans les primes taxables, sans compter les bénéficiaires exonérés (§ 200 à 220) ;
  • le reste s'ajoute à ce que le bénéficiaire reçoit de la succession, sous un seul abattement personnel (100 000 € pour un enfant, 7 967 € pour un neveu : CGI, art. 779), puis le barème (§ 170 et 230) ;
  • si le capital versé est inférieur à ces primes, la base est limitée au capital (§ 190).

Contrats anciens, primes anciennes, plan d'épargne retraite

Le régime dépend aussi de la date de souscription et de la date de chaque versement (BOFiP, BOI-TCAS-AUT-60, § 80 ; notice 2705-A, p. 4) :

Régime au décès selon les dates, hors plan d'épargne retraite
ContratVersements avant le 13 octobre 1998Versements depuis cette date
Souscrit avant le 20 novembre 1991Aucune taxationPrélèvement après 152 500 €, quel que soit l'âge au versement
Souscrit depuis, primes versées avant 70 ansAucune taxationPrélèvement après 152 500 €
Souscrit depuis, primes versées après 70 ansDroits de succession au-delà de 30 500 €Droits de succession au-delà de 30 500 €

Un contrat d'avant le 20 novembre 1991 perd ce régime s'il a été modifié en profondeur par avenant depuis ; une prorogation, une reconduction tacite ou de nouveaux versements n'y suffisent pas (BOFiP, BOI-ENR-DMTG-10-10-20-20, § 90 à 110).

Le plan d'épargne retraite souscrit auprès d'un assureur a sa propre règle : si le titulaire meurt après 70 ans, toutes les sommes, primes et gains, supportent les droits de succession au-delà de 30 500 € ; s'il meurt avant, le prélèvement après 152 500 € (CGI, art. 757 B ; notice 2705-A, p. 5). Voir aussi la sortie du PER.

Bénéficiaires exonérés et clause démembrée

Le conjoint marié et le partenaire de Pacs ne paient ni prélèvement ni droits ; le frère ou la sœur non plus, s'il remplit les trois conditions de l'exonération des droits de succession : sans conjoint (célibataire, veuf, divorcé ou séparé de corps), âgé de plus de 50 ans ou infirme, et partageant le domicile du défunt depuis cinq ans au moins à sa mort (CGI, art. 990 I ; BOFiP, BOI-TCAS-AUT-60, § 120 ; BOFiP, BOI-ENR-DMTG-10-10-20-20, § 220).

La clause peut partager le capital entre un usufruitier et des nus-propriétaires. Pour le prélèvement, chacun est bénéficiaire pour la valeur de son droit, fixée selon l'âge de l'usufruitier, et l'abattement de 152 500 € se répartit dans les mêmes proportions (CGI, art. 990 I ; art. 669). Avec un conjoint usufruitier de 73 ans, l'usufruit vaut 30 % et la nue-propriété 70 % : chaque enfant nu-propriétaire a droit à 70 % de 152 500 €, soit 106 750 €, et la part d'abattement du conjoint exonéré ne leur est pas reportée (BOFiP, BOI-TCAS-AUT-60, § 310 et 320).

Les limites que posent les textes

Primes manifestement exagérées. Le capital, comme les primes, échappe au rapport à la succession et à la réduction qui protège la part réservée des héritiers, sauf primes manifestement exagérées au regard des facultés du souscripteur (code des assurances, art. L. 132-13) : elles peuvent alors être rapportées à la succession, ou réduites si elles empiètent sur cette part.

Prélèvements sociaux. Au décès de l'assuré, la CSG et le prélèvement de solidarité frappent les gains du contrat qui ne les ont pas encore supportés, quel que soit le bénéficiaire (code de la sécurité sociale, art. L. 136-7 ; CGI, art. 235 ter). Leurs taux sont détaillés dans la fiscalité des rachats.

Déclarer et toucher le capital : l'assureur, le formulaire 2705-A

Primes versées avant 70 ans. Pas de formulaire 2705-A (notice 2705-A, p. 1). Le bénéficiaire remet à l'assureur une attestation sur l'honneur des abattements déjà utilisés au titre du même assuré ; l'assureur retient le prélèvement sur le capital et le reverse au Trésor au plus tard le 15 du mois qui suit le paiement (CGI, art. 990 I ; BOFiP, BOI-TCAS-AUT-60, § 360 à 390).

Primes versées après 70 ans. Le bénéficiaire les déclare sur le formulaire 2705-A, un par assureur, dans le délai de la déclaration de succession (six mois après un décès en France métropolitaine), au service de l'enregistrement dont relevait le dernier domicile du défunt ; un héritier les reporte aussi dans sa déclaration de succession (notice 2705-A, p. 1 et 2 ; BOFiP, BOI-ENR-DMTG-10-10-20-20, § 290). Le service délivre un certificat attestant que les droits sont payés, ou qu'aucun n'est dû, sans lequel l'assureur ne paie pas (CGI, art. 806), sauf :

  • si le bénéficiaire demande par écrit à l'assureur de verser lui-même les droits au service des impôts ;
  • pour le conjoint ou le partenaire de Pacs ;
  • si le total dû par les assureurs ne dépasse pas 7 600 € et revient à des héritiers en ligne directe sans domicile à l'étranger, sur demande écrite.

Dans tous les cas, l'assureur a quinze jours, après l'avis de décès et les coordonnées du bénéficiaire, pour lui réclamer les pièces, puis un mois après leur réception pour payer, sous peine d'intérêts majorés (code des assurances, art. L. 132-23-1).

Questions fréquentes

L'assurance-vie fait-elle partie de la succession ?

Non, dès lors qu'un bénéficiaire est désigné et peut recevoir le capital : celui-ci lui revient directement, hors du partage entre héritiers. Il est taxé à part : 20 % après 152 500 € par bénéficiaire sur les primes versées avant 70 ans, droits de succession au-delà de 30 500 € pour celles versées après. Sans bénéficiaire, ou si tous renoncent, le capital rejoint la succession et suit ses règles.

Assurance vie après 70 ans : quelle fiscalité au décès ?

Seules les primes versées après 70 ans sont taxées, pas leurs gains, après un abattement de 30 500 € commun à tous les contrats et à tous les bénéficiaires. Le reste supporte les droits de succession selon le lien de parenté. Une nièce qui reçoit 95 000 € d'un contrat alimenté par 80 000 € de primes est taxée sur 49 500 €, moins son abattement de 7 967 €, à 55 % : 22 843,15 €.

L'abattement de 152 500 € s'applique-t-il par contrat ou par bénéficiaire ?

Par bénéficiaire, pour l'ensemble des contrats souscrits sur la tête du même assuré. Deux enfants désignés à parts égales reçoivent ensemble jusqu'à 305 000 € sans prélèvement ; un enfant bénéficiaire de deux contrats n'a qu'un abattement. Il ne se confond pas avec l'abattement de 100 000 € de la succession : ces sommes échappent aux droits de succession, l'enfant garde donc ses 100 000 € pour sa part d'héritage.

Le conjoint bénéficiaire d'une assurance-vie paie-t-il quelque chose ?

Ni prélèvement ni droits de succession : le conjoint marié et le partenaire de Pacs sont exonérés, quel que soit le montant et quel que soit l'âge de l'assuré aux versements. L'assureur peut lui verser le capital sans certificat des impôts. Pour des primes versées après 70 ans, sa part est écartée du partage des 30 500 €, qui revient alors aux autres bénéficiaires. La CSG et le prélèvement de solidarité restent dus sur les gains qui ne les ont pas encore supportés.

Combien de temps l'assureur a-t-il pour verser le capital ?

Quinze jours après l'avis de décès et la connaissance des coordonnées du bénéficiaire pour lui réclamer les pièces nécessaires, puis un mois au plus après leur réception pour payer. Passé ces délais, le capital produit des intérêts au double du taux légal, puis au triple. Pour des primes versées après 70 ans, l'assureur attend en principe le certificat que remet le service des impôts après le dépôt du formulaire 2705-A.

Et pour votre situation ?

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Sources

Information générale, qui ne remplace pas l'examen d'une situation particulière. Baisse mon impôt est un service privé, sans lien avec l'administration fiscale.