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PER : déblocage anticipé, sortie en capital ou en rente, et l'impôt à payer

L'épargne d'un plan d'épargne retraite reste bloquée jusqu'à la retraite, sauf dans une liste fermée de situations. À la sortie, l'impôt dépend surtout d'un choix fait à chaque versement : l'avoir déduit de vos revenus, ou non. Voici les règles en vigueur au 26 octobre 2026, avec un cas chiffré.

Règles vérifiées le · sources en fin de page

À la retraite : capital, rente ou les deux

Le plan arrive à échéance quand vous liquidez votre pension dans un régime obligatoire, ou dès l'âge légal de la retraite. Vous choisissez alors un capital, versé en une fois ou en plusieurs, une rente viagère, ou un mélange des deux (code monétaire et financier, art. L. 224-5 ; BOFiP, BOI-IR-BASE-20-50-10). Deux limites : l'option pour la rente prise à l'ouverture du plan est irrévocable, et les droits issus des versements obligatoires d'un plan d'entreprise sortent en rente, sauf rente de faible montant (BOI-RSA-PENS-30-10-20).

Déblocage anticipé du PER : les huit cas prévus

Avant l'échéance, l'épargne ne sort que dans les cas énumérés à l'article L. 224-4 du code monétaire et financier, dans sa version en vigueur depuis le 14 juin 2026 :

  • décès de votre conjoint ou partenaire de Pacs ;
  • invalidité de 2e ou 3e catégorie de vous-même, d'un de vos enfants, de votre conjoint ou partenaire ;
  • affection grave, handicap ou accident d'une particulière gravité d'un enfant à votre charge, cas ajouté par la loi du 12 juin 2026 ;
  • surendettement ;
  • fin de vos droits à l'assurance chômage ou, pour un ancien mandataire social qui n'a pas liquidé sa pension, deux ans sans contrat de travail ni mandat ;
  • cessation d'une activité non salariée après une liquidation judiciaire, ou à la demande du président du tribunal de commerce lors d'une conciliation ;
  • achat de votre résidence principale ;
  • titulaire encore mineur à la date de la demande.

Les six premiers forment les « accidents de la vie ». Pour la résidence principale, le texte vise l'affectation de l'épargne à l'acquisition du logement, sans exiger un premier achat ; des travaux dans le logement que vous habitez déjà n'en relèvent pas, et la part issue de versements obligatoires d'entreprise reste bloquée. La demande se fait auprès du gestionnaire, justificatif à l'appui (service-public.fr).

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Sortie en capital : l'impôt sur les versements et sur les gains

Le capital se partage entre la part qui correspond à vos versements et celle des gains qu'ils ont produits. Leur imposition dépend de ce que vous avez choisi en versant (BOFiP, BOI-RSA-PENS-30-10-20, § 90 à 130 ; tableau de synthèse du BOFiP) :

Sortie en capital à l'échéance ou pour la résidence principale (non déduits : option, ou versements faits à 70 ans et plus depuis 2026)
Part du capitalVersements volontaires déduitsVersements non déduits
VersementsBarème, sans abattement de 10 %, quotient sur demandeExonérés d'impôt
Gains12,8 % (prélèvement forfaitaire) ou barème sur optionIdem
Prélèvements sociauxSur les gains : 17,2 % jusqu'en 2025, 18,6 % depuis 2026Idem

Le piège du plafond. Un versement qui dépasse votre plafond de déduction ne réduit pas votre impôt, mais il n'est pas pour autant « non déduit » au sens de la sortie : sa part de capital sera imposée au barème, sauf si vous aviez choisi l'option pour la non-déduction auprès du gestionnaire, au moment du versement (même document, § 110 ; service-public.fr).

Un retrait en plusieurs fois se répartit chaque fois entre versements et gains, au prorata de la valeur du plan ; le quotient n'est plus ouvert à un retrait fractionné si un autre de même nature a été perçu dans les trois années précédentes. Une perte n'est jamais imposée (§ 50 et 140 à 160).

Accident de la vie ou résidence principale : deux traitements opposés

Un déblocage pour accident de la vie est exonéré d'impôt sur le revenu, versements et gains compris (CGI, art. 81, 4° bis-a), et ne se déclare pas (brochure 2026, pensions, p. 116). Seuls les gains supportent les prélèvements sociaux. Un déblocage pour la résidence principale, lui, est imposé comme une sortie à l'échéance.

Sortie en rente : imposée comme une pension ou en partie seulement

Issue de versements volontaires déduits, la rente est imposée comme une pension de retraite, cases 1AS à 1DS, après l'abattement de 10 % des pensions, plafonné à 4 439 € par foyer sur les revenus de 2025 (brochure 2026, pensions, p. 115 ; aide-mémoire 2026, p. 52). Issue de versements non déduits, elle relève des rentes viagères à titre onéreux : seule une fraction est imposable, cases 1AW à 1DW selon l'âge (p. 119). Dans les deux cas, les prélèvements sociaux, de 18,6 % pour les rentes versées depuis 2026, portent sur cette fraction (service-public.fr) :

Fraction de la rente retenue, selon l'âge au premier versement
Âge au premier versementFraction retenue
Moins de 50 ans70 %
De 50 à 59 ans50 %
De 60 à 69 ans40 %
70 ans et plus30 %

Pour une rente de 6 000 € par an commencée à 64 ans, les prélèvements sociaux atteignent 446 € par an (6 000 € × 40 % × 18,6 %). Issue de versements non déduits, cette rente n'ajoute que 2 400 € au revenu imposable.

Exemple : 80 000 € retirés en capital en une fois

Sophie, 64 ans, célibataire, a pris sa retraite en 2025. Ses pensions lui laissent 45 000 € de revenu imposable, abattement de 10 % déduit. La même année, elle retire tout son PER : 80 000 €, dont 60 000 € de versements qu'elle avait déduits et 20 000 € de gains. Son impôt est calculé en 2026, au barème de 2026 (brochure 2026, calcul de l'impôt, p. 371) :

Impôt de Sophie en 2026 sur sa sortie de 2025 (une part, montants arrondis à l'euro)
CalculMontant
Impôt sur ses seules pensions (45 000 €)6 604 €
Avec les 60 000 € de versements, sans quotient (105 000 €)26 851 €, soit 20 247 € de plus
Avec le système du quotient24 604 €, soit 18 000 € de plus
Gains : prélèvement forfaitaire de 12,8 %2 560 €
Gains : prélèvements sociaux de 17,2 % (retrait de 2025)3 440 €
Coût total de la sortie, avec le quotient24 000 €

Le quotient ajoute un quart des versements (15 000 €) à son revenu, mesure le supplément d'impôt (4 500 €) et le multiplie par quatre : la part qui aurait été taxée à 41 % reste à 30 %. On le demande en portant le montant case 0XX de la déclaration 2042 C, au lieu de la case 1AI ; il n'apporte rien si le capital ne fait pas changer de tranche (brochure 2026, divers, p. 333 et 334). Pour un retrait en 2026, les prélèvements sociaux sur les gains passeraient à 3 720 €.

Si Sophie avait renoncé à la déduction, ses 60 000 € sortiraient sans impôt, mais elle n'aurait rien déduit en versant : si elle était imposée à 41 % à l'époque, la déduction lui a évité jusqu'à 24 600 € d'impôt.

70 ans, plafonds, déclaration : ce qui change depuis 2026

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Questions fréquentes

Peut-on débloquer son PER pour acheter sa résidence principale ?

Oui, sauf la part issue de versements obligatoires d'entreprise, et sans condition de premier achat. Ce déblocage est imposé comme une sortie à la retraite : sur 30 000 € dont 6 000 € de gains, les 24 000 € de versements déduits s'ajoutent à votre revenu imposable (pas d'abattement de 10 %), tandis que les gains paient 12,8 % d'impôt plus 18,6 % de prélèvements sociaux en 2026, soit 1 884 €.

Le déblocage anticipé du PER pour un accident de la vie est-il imposable ?

Pas à l'impôt sur le revenu. Le capital débloqué après le décès du conjoint, une invalidité, une affection grave d'un enfant à charge, un surendettement, la fin des droits au chômage ou une liquidation judiciaire en est exonéré et ne se déclare pas. Seuls les gains supportent les prélèvements sociaux : 1 116 € pour 6 000 € de gains débloqués en 2026.

Quel impôt sur une sortie du PER en capital ?

Si vous avez déduit vos versements, leur part s'ajoute à vos revenus et suit le barème, sans abattement de 10 %, avec le système du quotient sur demande ; les gains paient 12,8 % d'impôt (ou le barème, sur option : flat tax ou barème) et, depuis 2026, 18,6 % de prélèvements sociaux. Si vous aviez opté pour la non-déduction, seuls les gains sont taxés. Dans notre exemple, 80 000 € retirés en 2025 ont coûté 24 000 €.

Un versement sur un PER fait à 70 ans ou plus est-il déductible ?

Plus depuis 2026 : la loi de finances pour 2026 a supprimé la déduction des versements faits par un titulaire âgé de 70 ans ou plus, plafond disponible ou non. Ces sommes restent placées et, à la sortie, leur part de capital échappe à l'impôt sur le revenu, les gains restant taxés. Servies en rente, elles relèvent des rentes viagères à titre onéreux : 30 % de la rente est imposable si elle démarre à 70 ans ou plus.

Rente ou capital : quelle différence d'impôt à la sortie du PER ?

Pris en capital, les versements déduits sont taxés sur une seule année, avec le quotient sur demande. La rente l'est chaque année comme une pension, après l'abattement de 10 % des pensions, et ses prélèvements sociaux ne portent que sur une fraction fixée par l'âge au premier versement : pour 6 000 € par an commencés à 64 ans, 446 € par an. Une rente issue de versements non déduits n'est imposable que sur cette fraction.

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Sources

Information générale, qui ne remplace pas l'examen d'une situation particulière. Baisse mon impôt est un service privé, sans lien avec l'administration fiscale.