La part exonérée : le plus élevé de trois montants
L'indemnité versée lors d'une rupture conventionnelle n'est imposable que pour ce qui dépasse le plus élevé de ces trois montants (CGI, art. 80 duodecies) :
- L'indemnité de licenciement prévue par votre convention collective de branche, par un accord professionnel ou interprofessionnel ou, à défaut, par la loi. Elle est exonérée quel que soit son montant.
- Deux fois votre rémunération annuelle brute de l'année civile qui précède la rupture du contrat.
- La moitié de l'indemnité.
Les deux derniers montants ne peuvent pas dépasser six fois le plafond annuel de la sécurité sociale en vigueur à la date du versement : 282 600 € pour une indemnité versée en 2025, 288 360 € pour une indemnité versée en 2026 (service-public.fr, Urssaf).
Un montant prévu par un accord d'entreprise ou par votre contrat ne compte pas pour ce premier montant : il ne profite que des deux autres limites (BOFiP, § 40 et 120). Les agents publics qui signent une rupture conventionnelle suivent les mêmes règles pour leur indemnité spécifique.
Indemnité de licenciement imposable ou non : selon votre façon de partir
Une indemnité de licenciement versée en dehors d'un plan de sauvegarde de l'emploi suit exactement le même calcul. Les autres départs sont traités autrement (brochure 2026, tableau p. 97) :
| Départ | Impôt sur le revenu | Système du quotient |
|---|---|---|
| Rupture conventionnelle, sans droit à une pension de retraite | Exonérée jusqu'au plus élevé des trois montants | Possible, quel que soit le montant |
| Licenciement hors plan social | Exonérée jusqu'au plus élevé des trois montants | Possible, quel que soit le montant |
| Licenciement ou départ volontaire dans un plan de sauvegarde de l'emploi, rupture conventionnelle collective, congé de mobilité | Exonérée en totalité | Sans objet |
| Dommages-intérêts fixés par le juge pour un licenciement abusif, irrégulier ou nul | Exonérés en totalité | Sans objet |
| Mise à la retraite par l'employeur | Mêmes montants, plafond de 235 500 € (versement en 2025) ou 240 300 € (en 2026) | Possible, quel que soit le montant |
| Rupture conventionnelle avec droit à une pension, départ volontaire à la retraite, prime de départ volontaire hors plan social | Imposable en totalité | Possible, quel que soit le montant |
Quel que soit le départ, l'indemnité compensatrice de préavis, celle de congés payés et l'indemnité de non-concurrence sont imposables en entier, comme un salaire. Elles n'ont droit au quotient que si elles sont plus élevées que votre revenu imposable moyen des trois années précédentes (service-public.fr).
Combien d'impôt sur votre indemnité de départ ? Joignez votre dernier bulletin de salaire : l'assistant fiscal IA le lit, répond à vos questions et vous dit quelle case remplir.Déjà droit à la retraite : l'exonération tombe
L'exonération de l'indemnité de rupture conventionnelle a une condition : ne pas être en droit de toucher une pension de retraite d'un régime obligatoire. Sinon, l'indemnité est imposable dès le premier euro (service-public.fr). La condition se juge à la date de rupture inscrite dans la convention ; un droit à pension ouvert plus tard dans la même année ne remet pas l'exonération en cause (BOFiP, § 180).
En fin de carrière, le mode de départ pèse donc lourd. La mise à la retraite décidée par l'employeur garde une part exonérée, calculée de la même façon avec un plafond de cinq fois le plafond de la sécurité sociale. Le départ volontaire à la retraite est imposable en entier, comme la rupture conventionnelle d'un salarié qui peut déjà toucher sa pension (service-public.fr). Dans tous ces cas, le quotient reste possible (service-public.fr). Ce qui change ensuite pour l'impôt est expliqué dans le guide des retraités.
Le système du quotient : lisser l'impôt du surplus
La part imposable s'ajoute à vos salaires de l'année du versement et peut vous faire changer de tranche. Le système du quotient atténue cet effet : pour la part imposable d'une indemnité de rupture conventionnelle ou de licenciement, il s'applique sur demande, quel que soit son montant (BOFiP, § 170). Le calcul se fait en trois temps (CGI, art. 163-0 A) :
- l'impôt est calculé sur vos seuls revenus habituels ;
- puis sur ces revenus augmentés du quart de la part imposable, après la déduction de 10 % ;
- l'écart entre les deux impôts est multiplié par quatre, puis ajouté au premier.
Le quotient ne coûte jamais plus que le calcul normal, mais il ne rapporte rien si vos revenus habituels sont déjà dans la même tranche que le total : tout se joue sur votre taux marginal. Il allège aussi votre revenu fiscal de référence, qui ne retient que le quart du revenu exceptionnel (impots.gouv.fr).
Exemple : 90 000 € d'indemnité, 14 000 € imposables
Calcul au barème des revenus 2025 (brochure 2026, calcul de l'impôt, p. 371), déduction de 10 % répartie au prorata entre revenus habituels et exceptionnels (BOFiP, § 310). Si elle avait déjà eu droit à sa pension le jour de la rupture, les 90 000 € auraient été imposables : 20 902 € d'impôt avec le quotient, 26 605 € sans.
Pour votre cas, l'assistant fiscal IA lit votre dernier bulletin de salaire ou votre avis d'impôt, répond à vos questions et vous dit quelle case remplir. Le simulateur d'impôt calcule votre impôt au barème 2026.
Rupture conventionnelle : déclarer l'indemnité aux impôts
- La part exonérée ne se déclare pas. Seule la part imposable entre dans vos salaires (brochure 2026, p. 94).
- Vérifiez la case 1AJ (1BJ pour le second déclarant) : le montant prérempli reprend en principe ce que déclare votre employeur, part imposable de l'indemnité comprise. Corrigez-le s'il ne correspond pas à vos documents de fin de contrat (brochure 2026, p. 85).
- Pour le quotient, retirez la part imposable de la case 1AJ et inscrivez-la en case 0XX, rubrique des revenus exceptionnels ou différés, en précisant sa nature ; elle ne doit figurer nulle part ailleurs (impots.gouv.fr).
- Les allocations chômage perçues ensuite se déclarent en case 1AP, où leur montant est prérempli (brochure 2026, p. 85 et 96).
Quitter l'entreprise permet aussi de débloquer votre plan d'épargne d'entreprise (PEE) sans perdre son exonération : voir le guide de l'intéressement et de la participation.
Deux pièges, et ce qui peut changer
- Confondre impôt et CSG. L'exonération d'impôt ne s'étend pas à la CSG et à la CRDS : elles ne sont épargnées que sur le minimum légal ou conventionnel, sans dépasser la part exonérée de cotisations sociales, 96 120 € au plus en 2026 (service-public.fr).
- Déclarer deux fois la même somme. Avec le quotient, une part imposable laissée en case 1AJ et reportée en 0XX serait imposée deux fois : vérifiez qu'elle a bien quitté vos salaires.
Le projet de loi de finances pour 2027, non voté, prévoit de remplacer ces limites par un plafond unique d'exonération ; les députés ont déjà modifié l'article. Rien n'est acquis : suivez son avancée sur la page du projet de loi de finances 2027.
Questions fréquentes
Une indemnité de rupture conventionnelle est-elle imposable ?
En partie seulement, si vous n'avez pas encore droit à une pension de retraite. Elle est exonérée jusqu'au plus élevé de trois montants : le minimum légal ou conventionnel, deux fois votre salaire brut de l'année précédant la rupture, ou la moitié de l'indemnité, ces deux derniers dans la limite de 288 360 € pour un versement en 2026 (282 600 € en 2025). Le surplus s'ajoute à vos salaires, avec le système du quotient sur demande.
À partir de quel montant une indemnité de licenciement est-elle imposable ?
Hors plan social, au-delà du plus élevé de ces montants : l'indemnité légale ou conventionnelle, le double de votre rémunération brute de l'année précédant la rupture, la moitié de l'indemnité, ces deux derniers plafonnés à 282 600 € en 2025 et 288 360 € en 2026. Avec 35 000 € de salaire brut, une indemnité de 70 000 € ou moins reste exonérée en entier. Dans un plan de sauvegarde de l'emploi, elle l'est toujours en totalité.
Le système du quotient est-il toujours intéressant ?
Il ne coûte jamais plus que le calcul normal, mais il ne rapporte que si la part imposable vous fait changer de tranche. L'impôt est recalculé en ajoutant le quart de cette part à vos revenus habituels, puis l'écart est multiplié par quatre. Dans l'exemple du guide, la salariée paie 2 684 € d'impôt au lieu de 3 904 €. Il se demande en inscrivant la part imposable en case 0XX.
J'ai droit à ma retraite : ma rupture conventionnelle est-elle imposée ?
Oui, en totalité, si vous êtes en droit de toucher une pension de retraite d'un régime obligatoire à la date de rupture fixée dans la convention. Le quotient reste possible, quel que soit le montant. À l'inverse, une mise à la retraite décidée par l'employeur garde une part exonérée, avec un plafond de 240 300 € pour une indemnité versée en 2026, contre 288 360 € pour un licenciement (235 500 € et 282 600 € en 2025).
Faut-il déclarer la part exonérée de l'indemnité ?
Non. Seule la part imposable se déclare, et elle figure en principe dans le montant de salaires prérempli en case 1AJ, transmis par votre employeur. Si vous demandez le quotient, retirez-la de la case 1AJ et portez-la en case 0XX en précisant sa nature. Les allocations chômage qui suivent le départ se déclarent à part, en case 1AP, elle aussi préremplie.
Et pour votre situation ?
Demandez à l'assistant fiscal IA. Il répond sur votre situation et, pour l'impôt sur le revenu, chiffre au barème 2026 ce que vous pouvez gagner et vous dit quelle case remplir. Gratuit.Pour chiffrer votre impôt, utilisez le simulateur d'impôt 2026.
Sources
- Code général des impôts, article 80 duodecies (version en vigueur depuis le 16 février 2025)
- Code général des impôts, article 163-0 A : système du quotient (version en vigueur depuis le 1er janvier 2022)
- BOFiP, BOI-RSA-CHAMP-20-40-10-30, exceptions au principe d'imposition des indemnités de rupture (§ 40, 120, 170 à 180, 190 à 220 et 425 à 430, version du 29 avril 2025)
- BOFiP, BOI-IR-LIQ-20-30-20, revenus exceptionnels imposés selon le système du quotient (§ 170, 310 et 350, version du 20 juillet 2016)
- DGFiP, brochure pratique 2026, traitements et salaires : déclaration préremplie (p. 85), sommes perçues en fin d'activité (p. 93 à 96), régime des indemnités de rupture (tableau 1, p. 97)
- DGFiP, brochure pratique 2026, calcul de l'impôt
- service-public.gouv.fr, impôt sur le revenu, indemnités de fin de contrat, licenciement, retraite (fiche F408, vérifiée le 15 avril 2026)
- service-public.gouv.fr, indemnité spécifique de rupture conventionnelle (fiche F31539, vérifiée le 26 juin 2026)
- service-public.gouv.fr, comment sont imposés les revenus exceptionnels (fiche F3178, vérifiée le 15 avril 2026)
- impots.gouv.fr, indemnités suite à rupture du contrat de travail (page modifiée le 8 avril 2026)
- impots.gouv.fr, revenus exceptionnels ou différés (page modifiée le 7 avril 2026)
- Urssaf, plafonds de la sécurité sociale : 47 100 € en 2025, 48 060 € en 2026
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