Régime des impatriés : qui peut en bénéficier
Le régime vise les salariés et les dirigeants imposés comme des salariés (président ou directeur général de SA ou de SAS, gérant minoritaire de SARL…) qui prennent un poste dans une entreprise établie en France (CGI, art. 155 B). Deux cas sont prévus (BOFiP, BOI-RSA-GEO-40-10-10, § 20 à 90) :
- vous êtes appelé par une entreprise étrangère, par exemple détaché par une société mère dans sa filiale française ;
- vous êtes recruté directement à l'étranger par une entreprise établie en France, y compris après avoir répondu depuis l'étranger à une offre d'emploi.
Une personne venue en France de sa propre initiative, ou déjà installée ici lors de son embauche, en est exclue. La nationalité ne compte pas : un Français qui revient d'expatriation peut en bénéficier, même chez son ancien employeur, s'il n'a pas eu son domicile fiscal en France au cours des cinq années civiles précédant celle de sa prise de fonctions. Le régime s'applique sans agrément de l'administration.
Le domicile fiscal en France, condition de chaque année
Pendant le régime, vous devez être domicilié fiscalement en France selon les deux premiers critères de l'article 4 B du code général des impôts : votre foyer ou votre séjour principal est en France, et vous y exercez votre activité professionnelle principale. Le seul centre de vos intérêts économiques ne suffit pas, et si une convention fiscale fait de vous le résident d'un autre pays, le régime ne joue pas (BOFiP, § 160 à 220). La condition se vérifie année par année : une année manquée ne fait pas perdre les autres.
Si votre famille vous rejoint plus tard, par exemple à la fin de l'année scolaire, l'administration admet l'exonération du salaire dès la prise de fonctions, pourvu que le foyer s'installe en France la même année ou l'année suivante (BOFiP, § 240). Avant votre arrivée, vos éventuels revenus de source française relevaient des règles des non-résidents.
Combien d'impôt sur la part imposable de votre salaire ? L'assistant fiscal IA calcule au barème 2026 l'impôt sur votre salaire imposable et répond à vos questions générales sur le régime.La prime d'impatriation : montant réel ou forfait de 30 %
Le régime exonère d'abord le supplément de rémunération lié à votre venue en France, la prime d'impatriation. Elle se mesure de deux façons (BOFiP, BOI-RSA-GEO-40-10-20, § 40 à 102) :
- son montant réel, s'il figure dans le contrat de travail ou de mandat, ou un avenant, établi avant la prise de fonctions, en euros ou selon des critères objectifs (un pourcentage du salaire, un logement fourni…) ;
- un forfait de 30 % de la rémunération nette, sur option, que le contrat prévoie une prime ou non ; il est ouvert à tous les impatriés arrivés depuis le 16 novembre 2018. La rémunération nette s'entend après cotisations sociales et CSG déductible, avant la déduction de 10 %, sans l'épargne salariale, les stock-options ni les actions gratuites.
Dans les deux cas, la part imposée de votre salaire ne peut être inférieure à la rémunération d'un poste comparable dans l'entreprise, ou à défaut dans des entreprises similaires en France ; sinon, la différence redevient imposable. Une attestation de l'employeur sert à le justifier (BOFiP, § 110 à 160).
Jours de travail à l'étranger et plafonds de l'exonération
La part du salaire qui rémunère votre travail hors de France est aussi exonérée, si ces séjours se font dans l'intérêt direct et exclusif de l'employeur. À défaut d'autre méthode, elle se calcule au prorata des jours travaillés à l'étranger, appliqué au salaire net hors prime d'impatriation ; gardez billets, cartes d'embarquement et notes de frais (BOFiP, § 220 à 250). Chaque année, vous choisissez l'un de deux plafonds (brochure pratique 2026, p. 99) :
- plafond global : prime et part étrangère réunies ne dépassent pas 50 % de la rémunération totale ;
- plafond de la part étrangère : elle seule est limitée à 20 % de la rémunération imposable, prime d'impatriation déduite.
L'option pour le forfait de 30 % comme le choix du plafond s'indiquent dans la rubrique « autres renseignements » de la déclaration de revenus (BOFiP, § 390 et 400).
Exemple chiffré au barème 2026
Son régime court jusqu'au 31 décembre 2032. Son revenu fiscal de référence reprend les sommes exonérées : 68 040 + 44 400 = 112 440 € (revenu fiscal de référence). Les tranches sont détaillées dans le barème de l'impôt 2026.
Revenus et plus-values de l'étranger exonérés de moitié
Pendant la même période, l'impatrié est exonéré d'impôt sur le revenu pour la moitié (CGI, art. 155 B, II) :
- des revenus de capitaux mobiliers (dividendes, intérêts) payés par une personne établie hors de France ;
- des droits d'auteur et produits de la propriété industrielle payés de l'étranger ;
- des plus-values de cession de titres dont le dépositaire, ou à défaut la société, est établi hors de France ; une moins-value sur ces titres ne compte, de même, que pour moitié.
Le payeur ou le dépositaire doit se trouver dans un État lié à la France par une convention fiscale comportant une clause d'assistance administrative contre la fraude et l'évasion fiscales. Seul l'impatrié en profite, pas les autres membres de son foyer. Les prélèvements sociaux restent dus sur le montant entier, et la moitié exonérée compte dans le revenu fiscal de référence (BOFiP, BOI-RSA-GEO-40-10-30-10, § 40 et 60 ; BOI-RSA-GEO-40-10-40, § 20 et 80).
Durée du régime et déclaration
Les exonérations durent jusqu'au 31 décembre de la huitième année civile qui suit la prise de fonctions, pour une arrivée depuis le 6 juillet 2016. Un changement de poste dans l'entreprise ou dans le même groupe les maintient, sans les prolonger. Ensuite, toute la rémunération, prime comprise, et tous les revenus étrangers sont imposés normalement (BOFiP, BOI-RSA-GEO-40-10, § 20).
L'employeur déclare à part les sommes exonérées, et la prime exonérée échappe au prélèvement à la source. Vous vérifiez le salaire imposable prérempli, puis portez le montant exonéré case 1DY (1EY pour le second déclarant) de la déclaration 2042 C. La moitié exonérée des revenus de capitaux mobiliers va case 2DM, celle des plus-values case 3VQ, après le formulaire 2074-IMP (brochure 2026, p. 99 et 100 ; p. 143).
L'année de l'arrivée, vous déclarez les revenus perçus depuis votre installation, de source française ou étrangère, plus vos revenus de source française d'avant, s'il y en a. Chaque année, chaque compte détenu à l'étranger se déclare aussi, sous peine d'une amende de 1 500 € par compte omis (service-public.fr). Les sommes exonérées par ce régime sont, en outre, retirées du revenu retenu pour la contribution différentielle sur les hauts revenus. Pour l'impôt au barème sur la part imposable, l'assistant fiscal IA fait le calcul avec votre situation.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que le régime des impatriés de l'article 155 B ?
Un régime réservé aux salariés et dirigeants venus de l'étranger travailler dans une entreprise établie en France, sans domicile fiscal en France au cours des cinq années civiles précédant leur prise de fonctions. Il exonère la prime d'impatriation, la part du salaire liée au travail à l'étranger et la moitié de certains revenus étrangers, jusqu'au 31 décembre de la huitième année qui suit la prise de fonctions.
Quel montant de prime d'impatriation est exonéré ?
La prime prévue au contrat pour son montant réel, ou sur option un forfait de 30 % de la rémunération nette : 36 000 € pour 120 000 €. Dans les deux cas, la part restant imposée doit au moins égaler la rémunération d'un poste comparable en France. Avec la part liée au travail à l'étranger, l'exonération est plafonnée, au choix, à 50 % de la rémunération totale ou, pour la seule part étrangère, à 20 % de la rémunération imposable hors prime.
Un Français qui rentre d'expatriation peut-il bénéficier du régime des impatriés ?
Oui, la nationalité ne compte pas. Il ne doit pas avoir été domicilié fiscalement en France au cours des cinq années civiles précédant celle de sa prise de fonctions, et doit être appelé par une entreprise étrangère ou recruté depuis l'étranger par une entreprise établie en France, éventuellement son ancien employeur. Revenu de lui-même puis embauché une fois installé, il en est exclu.
Combien de temps dure le régime des impatriés ?
Jusqu'au 31 décembre de la huitième année civile qui suit celle de la prise de fonctions, pour une arrivée depuis le 6 juillet 2016 : pour une prise de poste en 2024, jusqu'au 31 décembre 2032. Chaque année ne compte que si vous êtes domicilié fiscalement en France. Changer de poste dans l'entreprise ou le groupe ne prolonge pas la période.
Les revenus exonérés comptent-ils dans le revenu fiscal de référence ?
Oui. La prime et la part du salaire exonérées, comme la moitié exonérée des revenus et plus-values de l'étranger, s'ajoutent au revenu fiscal de référence : c'est pourquoi elles se déclarent, cases 1DY, 2DM ou 3VQ de la déclaration 2042 C. Dans l'exemple, 68 040 € de revenu imposable et 44 400 € exonérés donnent 112 440 €.
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Sources
- Code général des impôts, art. 155 B : régime des impatriés, version en vigueur depuis le 31 décembre 2018 (Légifrance)
- Code général des impôts, art. 4 B : domicile fiscal, version en vigueur depuis le 16 février 2025 (Légifrance)
- BOFiP, BOI-RSA-GEO-40-10 : régime spécial des impatriés, durée d'application (§ 20), version du 21 juin 2017
- BOFiP, BOI-RSA-GEO-40-10-10 : impatriés, champ d'application et domicile fiscal (§ 10 à 280), version du 11 août 2025
- BOFiP, BOI-RSA-GEO-40-10-20 : impatriés, prime d'impatriation, activité à l'étranger, plafonds et déclaration (§ 40 à 410), version du 11 août 2025
- BOFiP, BOI-RSA-GEO-40-10-30-10 : impatriés, revenus passifs et plus-values exonérés de moitié (§ 1 à 70), version du 16 février 2023
- BOFiP, BOI-RSA-GEO-40-10-40 : impatriés, prélèvements sociaux et revenu fiscal de référence (§ 20 et 80), version du 21 juin 2017
- DGFiP, brochure pratique 2026, traitements et salaires : salariés impatriés, plafonds et cases 1DY, 1EY, 2DM, 3VQ (p. 99 et 100)
- DGFiP, brochure pratique 2026, plus-values : exonération des impatriés, formulaire 2074-IMP (p. 143)
- DGFiP, brochure pratique 2026, calcul de l'impôt : barème (p. 371) et déduction de 10 % (p. 379)
- Loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026, art. 4 : barème de l'impôt sur les revenus de 2025
- service-public.fr, impôt sur le revenu et retour d'expatriation : revenus à déclarer, comptes à l'étranger (fiche F31443, vérifiée le 15 avril 2026)
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