Indemnités journalières imposables ou non : la règle pour chaque arrêt
Les indemnités journalières versées par la sécurité sociale ou la Mutualité sociale agricole sont imposées comme des salaires, avec deux exceptions : la moitié de celles d'un accident du travail ou d'une maladie professionnelle, et celles d'une affection comportant un traitement prolongé et une thérapeutique particulièrement coûteuse (CGI, art. 80 quinquies, en vigueur depuis le 1er janvier 2010 ; art. 81, 8°).
| Somme reçue | Impôt sur le revenu | Sur la déclaration |
|---|---|---|
| Indemnités journalières de maladie | Imposables | Préremplies, case 1AJ |
| Indemnités liées à une affection de longue durée exonérante | Exonérées | Rien à déclarer |
| Maternité, grossesse pathologique, paternité, adoption | Imposables en totalité | Préremplies, case 1AJ |
| Accident du travail, maladie professionnelle | Imposables pour moitié | Moitié préremplie, case 1AJ |
| Indemnité temporaire d'inaptitude après un accident du travail | Imposable pour moitié | Avec les salaires |
| Complément de salaire versé par l'employeur | Imposable | Dans le salaire déclaré |
| Compléments d'une prévoyance obligatoire d'entreprise | Imposables | Avec les salaires |
| Contrat de prévoyance souscrit à titre facultatif | Exonéré | Rien à déclarer |
Sources : brochure 2026, p. 92 ; notice 2042, p. 7 et 8 ; service-public.fr. Seule l'affection de longue durée dite exonérante compte : l'une des maladies de la liste de l'article D. 160-4 du code de la sécurité sociale, ou une affection grave reconnue par le service médical de l'Assurance maladie, qui exigent un traitement prolongé et coûteux (BOFiP, BOI-RSA-CHAMP-20-30-20, § 180 ; ameli.fr). Un long arrêt pour une autre maladie reste imposable.
Pour un fonctionnaire, le traitement versé pendant un congé de maladie ou de maternité, à la place d'indemnités journalières, reste imposable en entier (brochure 2026, p. 92). L'année retenue est celle du paiement, pas celle de l'arrêt : des indemnités de décembre 2025 payées en janvier 2026 rejoignent les revenus de 2026 (BOFiP, § 90).
Arrêt maladie et déclaration : vérifier la case 1AJ
Votre employeur déclare le salaire qu'il vous a payé, la caisse d'assurance maladie les indemnités imposables qu'elle vous a versées : les deux s'additionnent dans le montant prérempli au-dessus de la case 1AJ, ou 1BJ pour le second déclarant (brochure 2026, p. 85). Pour un accident du travail, ce montant ne retient déjà que la moitié des indemnités (notice 2042, p. 7). Si l'employeur perçoit les indemnités à votre place (subrogation), il ne déclare que ce qui reste à sa charge : rien n'est compté deux fois (BOFiP, § 100 et 210). Votre compte ameli indique le montant imposable de vos indemnités, le taux appliqué et l'impôt retenu (ameli.fr).
L'administration retire ensuite 10 % du total des salaires et indemnités, au moins 509 € et au plus 14 555 € par personne sur les revenus de 2025, sauf si vous déclarez vos frais réels (BOFiP, § 200 ; brochure 2026, p. 107).
- Indemnités d'affection de longue durée exonérante comptées par erreur, ou chiffre différent de vos relevés : inscrivez le montant imposable exact dans la case 1AJ, sans les indemnités exonérées, et gardez les décomptes de la caisse (brochure 2026, p. 85).
- Déclaration déjà signée : la correction en ligne des revenus de 2025 reste ouverte jusqu'au 30 novembre 2026 ; ensuite, une réclamation prend le relais (service-public.fr). Le mode d'emploi : corriger sa déclaration.
Prélèvement à la source sur les indemnités journalières
La caisse d'assurance maladie retient l'impôt sur les indemnités qu'elle vous verse, au taux que lui transmet l'administration fiscale (ameli.fr).
En cas de subrogation, votre employeur ignore si l'arrêt relève d'une affection de longue durée : il ne retient l'impôt sur les indemnités de maladie que pour les 60 premiers jours de l'arrêt, comptés de date à date, prolongations sans reprise comprises. Le salaire maintenu reste prélevé en entier ; les indemnités de maternité ou de paternité le sont en totalité, celles d'un accident du travail pour moitié (BOFiP, BOI-IR-PAS-20-10-10, § 80 à 100).
Trop ou pas assez retenu : l'écart se règle après votre déclaration, par un remboursement l'été ou un solde prélevé à partir de septembre (service-public.fr). Un arrêt qui fait nettement baisser vos revenus de l'année peut aussi justifier une modulation de votre taux : voir le prélèvement à la source.
CSG et CRDS sur les indemnités : ce qui se déduit
Les indemnités journalières supportent 6,2 % de CSG et 0,5 % de CRDS, calculées sur leur montant brut (service-public.fr ; code de la sécurité sociale, art. L. 136-8). Pour l'impôt, 3,8 points de cette CSG se déduisent ; les 2,4 points restants et la CRDS restent dans votre revenu imposable (CGI, art. 154 quinquies). Sur une indemnité exonérée d'impôt, celle d'une affection de longue durée ou la moitié exonérée d'une indemnité d'accident du travail, aucune CSG ne se déduit (BOFiP, BOI-RSA-BASE-30-30, § 90).
Indépendants, invalidité, projet de loi : les autres cas
- Micro-entrepreneur, micro-BNC : les indemnités de maladie ou de maternité ne s'ajoutent pas aux recettes déclarées ; le bénéfice forfaitaire ne change pas (brochure 2026, p. 177 ; BOFiP, BOI-BIC-PDSTK-10-30-20, § 250 et 260).
- Régime réel : elles entrent dans le bénéfice imposable (BOFiP, BOI-BNC-CHAMP-10-10-20-30, § 200), sauf celles d'une affection de longue durée exonérante, écartées pour les exercices ouverts depuis le 1er janvier 2017 (CGI, art. 154 bis A). Voir profession libérale et BNC et micro-entrepreneur.
- Invalidité : la pension d'invalidité qui prend le relais des indemnités est imposable comme une pension, case 1AZ (brochure 2026, p. 115) ; la rente d'un accident du travail est exonérée (CGI, art. 81, 8°). Le détail : revenus imposables ou non.
- Au chômage : pendant l'arrêt, les indemnités journalières remplacent l'allocation (ameli.fr) et s'imposent de la même façon : voir chômage et impôt.
Le projet de loi de finances pour 2027 prévoyait d'imposer pour moitié les indemnités d'une affection de longue durée, en entier celles d'un accident du travail, et de relever la CSG des indemnités de maladie et d'accident du travail (projet de loi, p. 33 et 36). L'Assemblée nationale a supprimé ces dispositions en séance (texte provisoire du 20 octobre 2026, p. 3 et 7). Rien n'est voté : suivez son avancée.
Deux exemples au barème 2026 : arrêt maladie et congé de maternité
- Case 1AJ préremplie : 21 600 + 4 300 = 25 900 €. Déduction de 10 % : 2 590 €. Revenu net imposable : 23 310 €.
- Barème, une part : 23 310 × 11 % − 1 276 = 1 288 €. Décote : 897 − 45,25 % × 1 288 = 314 € après arrondi. Impôt : 974 €, contre 1 391 € sans arrêt, avec 28 800 € de salaires.
- Si l'arrêt relevait d'une affection de longue durée exonérante : 21 600 € seulement en case 1AJ, 19 440 € imposables, 355 € d'impôt. Laisser ces 4 300 € dans le montant prérempli coûterait 619 €.
- Cases 1AJ et 1BJ : 29 000 € et 34 000 €, moins 10 % chacun : 26 100 + 30 600 = 56 700 € de revenu net imposable.
- L'enfant né en 2025 compte pour toute l'année : 2,5 parts au lieu de 2 (brochure 2026, p. 75).
- Barème : 56 700 × 11 % − 1 276 × 2,5 = 3 047 € ; la demi-part rapporte 638 €, sous son plafond de 1 807 €. Décote du couple : 1 483 − 45,25 % × 3 047 = 104 €. Impôt : 2 943 €, contre 3 685 € sans la naissance.
Les 9 000 € de maternité pèsent 1 294 € dans cet impôt, décote comprise : sans eux, le foyer paierait 1 649 € (brochure 2026, p. 370 et 371 ; quotient familial). Pour vos propres chiffres, l'assistant fiscal IA lit votre avis d'impôt et calcule l'impôt au barème 2026.
Questions fréquentes
Les indemnités journalières maladie sont-elles imposables ?
Oui, comme un salaire : versées par l'Assurance maladie ou la MSA, elles sont préremplies case 1AJ avec vos salaires et bénéficient de la même déduction de 10 %. Seules y échappent celles d'une affection de longue durée exonérante. L'année du paiement l'emporte sur celle de l'arrêt : des indemnités de décembre 2025 payées en janvier 2026 se déclarent avec les revenus de 2026. Dans l'exemple du guide, trois mois d'arrêt laissent 974 € d'impôt.
Les indemnités de congé maternité sont-elles imposables ?
Oui, en totalité, comme celles de paternité, d'adoption et d'un arrêt pour grossesse pathologique. La caisse d'assurance maladie les déclare : elles figurent dans le montant prérempli case 1AJ. L'enfant né dans l'année compte, lui, pour l'année entière : un couple passe de 2 à 2,5 parts. Dans l'exemple du guide, 9 000 € d'indemnités de maternité pèsent 1 294 € d'impôt, et la naissance en fait économiser 742 €.
Un arrêt maladie pour affection de longue durée est-il imposable ?
Pas si l'affection est exonérante : une maladie de la liste de l'article D. 160-4 du code de la sécurité sociale, ou une affection grave reconnue par le service médical, qui exige un traitement prolongé et coûteux. Ces indemnités ne se déclarent pas ; si elles figurent dans le montant prérempli case 1AJ, corrigez-le. Un long arrêt pour une autre maladie reste imposable, comme le complément versé par l'employeur.
Accident du travail : quel impôt sur les indemnités journalières ?
Elles sont imposables pour moitié : sur 2 400 € d'indemnités d'accident du travail ou de maladie professionnelle, 1 200 € s'ajoutent à vos salaires, et le montant prérempli case 1AJ tient déjà compte de cet abattement. L'indemnité temporaire d'inaptitude suit la même règle. La rente d'accident du travail versée ensuite, elle, n'est pas imposable.
Faut-il déclarer les indemnités d'une assurance prévoyance ?
Cela dépend du contrat. Les compléments d'un régime de prévoyance obligatoire mis en place par l'employeur sont imposables, avec les salaires, case 1AJ. Les prestations d'un contrat souscrit de vous-même, à titre facultatif, dont les cotisations ne se déduisent pas, ne se déclarent pas. Pour un indépendant, les indemnités d'un contrat dont les cotisations sont déduites du bénéfice sont imposables.
Et pour votre situation ?
Demandez à l'assistant fiscal IA. Il répond sur votre situation et, pour l'impôt sur le revenu, chiffre au barème 2026 ce que vous pouvez gagner et vous dit quelle case remplir. Gratuit.Pour chiffrer votre impôt, utilisez le simulateur d'impôt 2026.
Sources
- Code général des impôts, art. 80 quinquies : indemnités journalières imposables, version en vigueur depuis le 1er janvier 2010 (Légifrance)
- Code général des impôts, art. 81, 8° : moitié des indemnités temporaires et rentes d'accident du travail exonérées, version en vigueur depuis le 19 août 2026 (Légifrance)
- Code général des impôts, art. 154 bis A : indemnités d'affection de longue durée des indépendants, version en vigueur depuis le 1er octobre 2019 (Légifrance)
- Code général des impôts, art. 154 quinquies : part déductible de la CSG, version en vigueur depuis le 27 juin 2026 (Légifrance)
- Code de la sécurité sociale, art. L. 136-8 : CSG de 6,2 % sur les indemnités journalières, version en vigueur depuis le 27 juin 2026 (Légifrance)
- BOFiP, BOI-RSA-CHAMP-20-30-20 : indemnités journalières des salariés, date de versement (§ 90), maintien de salaire (§ 100), accident du travail (§ 170), affection de longue durée (§ 180), déclaration (§ 200 et 210), prévoyance (§ 220 et 230), version du 2 mars 2016
- BOFiP, BOI-IR-PAS-20-10-10 : retenue à la source sur les indemnités journalières subrogées, délai de soixante jours (§ 80 à 110), version du 28 juillet 2020
- BOFiP, BOI-RSA-BASE-30-30 : CSG non déductible sur les indemnités journalières exonérées (§ 90), version du 24 juillet 2017
- BOFiP, BOI-BIC-PDSTK-10-30-20 : indemnités journalières des commerçants et artisans, régime réel et micro-entreprise (§ 250 et 260), version du 2 mars 2016
- BOFiP, BOI-BNC-CHAMP-10-10-20-30 : indemnités journalières comprises dans le bénéfice non commercial (§ 200), version du 2 mars 2016
- DGFiP, brochure pratique 2026, traitements et salaires : préremplissage (p. 85), indemnités de maladie, d'accident, de maternité et de paternité (p. 92), déduction de 10 % (p. 107)
- DGFiP, brochure pratique 2026, bénéfices non commerciaux : indemnités journalières au micro-BNC et en déclaration contrôlée (p. 177)
- DGFiP, brochure pratique 2026, pensions : pensions d'invalidité, cases 1AZ à 1DZ (p. 115)
- DGFiP, brochure pratique 2026, situation du foyer : charges de famille appréciées au 31 décembre en cas d'augmentation (p. 75)
- DGFiP, brochure pratique 2026, calcul de l'impôt : plafond de la demi-part (p. 370), barème et décote (p. 371)
- DGFiP, notice de la déclaration n° 2042 des revenus 2025 : indemnités journalières (p. 7), indemnités d'affection de longue durée à ne pas déclarer (p. 8)
- service-public.gouv.fr, impôt sur le revenu : comment sont imposées les indemnités d'arrêt de travail ? (fiche F3152, vérifiée le 15 avril 2026)
- service-public.gouv.fr, CSG et CRDS sur les revenus d'activité et de remplacement : indemnités journalières (fiche F2971, vérifiée le 1er juin 2026)
- service-public.gouv.fr, remboursement et paiement du solde de l'impôt 2026 : les dates (17 juin 2026)
- service-public.gouv.fr, impôt sur le revenu : comment corriger votre déclaration ? (fiche F33885, vérifiée le 31 juillet 2026)
- ameli.fr, arrêt de travail pour maladie : les indemnités journalières et l'impôt (1er septembre 2026)
- Projet de loi de finances pour 2027, n° 3210, déposé le 1er octobre 2026 : article 2, I, C à E (p. 33) et II (p. 36)
- Projet de loi de finances pour 2027, texte provisoire de l'Assemblée nationale du 20 octobre 2026 : article 2, I, C à E (p. 3) et II (p. 7) supprimés
Information générale, qui ne remplace pas l'examen d'une situation particulière. Baisse mon impôt est un service privé, sans lien avec l'administration fiscale.