Location courte durée et impôt : ce qui compte, c'est ce que vous louez
La plateforme ne change rien au régime fiscal. Une location meublée, même de quelques nuits par an, produit des bénéfices industriels et commerciaux (BIC) (brochure pratique 2026, p. 173). Le traitement dépend de l'objet de la location et de son occupant :
| Ce que vous louez | Impôt sur le revenu | Ligne de la 2042-C-PRO (déclarant 1) |
|---|---|---|
| Des pièces du logement où vous vivez, louées à des voyageurs | Exonéré jusqu'à 760 € de recettes dans l'année | Rien à déclarer sous ce seuil |
| Une chambre chez vous, à quelqu'un qui en fait sa résidence principale | Exonéré si le loyer reste raisonnable | Rien à déclarer |
| Tout le logement, meublé de tourisme non classé | Micro-BIC, abattement de 30 % | 5NH |
| Tout le logement, meublé de tourisme classé | Micro-BIC, abattement de 50 % | 5NG |
« Tout le logement » : votre résidence principale pendant vos absences, ou une résidence secondaire, dont le voyageur a l'usage exclusif (BOFiP, BOI-BIC-CHAMP-40-20, § 55).
Une chambre chez vous : deux exonérations, jusqu'au 31 décembre 2026
L'article 35 bis du CGI exonère deux façons de louer une partie du logement où vous vivez, pour les locations faites jusqu'au 31 décembre 2026 (CGI, art. 35 bis).
- À des voyageurs de passage. Rien n'est imposable tant que vos recettes de l'année, petits-déjeuners compris, ne dépassent pas 760 € TTC. Un euro de plus, et c'est la totalité qui devient imposable, pas seulement l'excédent (BOFiP, § 170 à 230).
- À un occupant dont c'est la résidence principale (étudiant, apprenti) ou à un salarié saisonnier. Le loyer doit rester raisonnable : l'administration l'admet toujours jusqu'à 213 € par m² et par an, hors charges, en Île-de-France, et 157 € ailleurs, pour 2025 ; 215 € et 159 € pour 2026 (brochure, p. 173 ; BOFiP, § 130 et 160).
- Une vraie pièce de votre logement. Un local qui forme un logement indépendant, avec entrée et cuisine à lui par exemple, n'ouvre pas droit à ces exonérations (BOFiP, § 120).
Louer tout le logement : le micro-BIC à 30 % ou à 50 %
Loué en entier à des voyageurs, le logement devient un meublé de tourisme : vos recettes s'ajoutent à vos revenus après un abattement forfaitaire, qui remplace toutes vos charges. Son taux dépend du classement officiel du logement, de 1 à 5 étoiles, attribué par un organisme accrédité, à vos frais, pour 5 ans (service-public.fr, F33175) :
- non classé : 30 % d'abattement, jusqu'à 15 000 € de recettes par an, en 2025 comme en 2026 (brochure, p. 174 ; BOFiP, BOI-BAREME-000044) ;
- classé : 50 % d'abattement, jusqu'à 77 700 € de recettes en 2025 et 83 600 € en 2026 (CGI, art. 50-0) ;
- dans les deux cas, l'abattement est d'au moins 305 € : sous ce montant de recettes, rien n'est imposé ;
- au-delà du plafond, vous ne passez au régime réel qu'après deux années de suite au-dessus (brochure, p. 168). Le réel, qu'on peut aussi choisir, et son amortissement sont détaillés dans le guide de la location meublée non professionnelle.
Le bénéfice ainsi obtenu supporte l'impôt au barème et 18,6 % de prélèvements sociaux : 10,6 % de CSG, 0,5 % de CRDS et 7,5 % de prélèvement de solidarité (aide-mémoire 2026, p. 62).
Votre tranche se lit sur la page du taux marginal d'imposition. Pour une question sur votre propre location, l'assistant fiscal IA, gratuit, vous répond d'après votre situation.
Ce que la plateforme déclare à l'administration
Pour les locations faites depuis le 1er janvier 2023, chaque plateforme déclare les opérations de ses loueurs, au plus tard le 31 janvier de l'année suivante, à l'administration fiscale dont elle relève (CGI, art. 1649 ter A). Les États de l'Union se transmettent ensuite ces données, avant la fin février, selon le lieu du logement loué (BOFiP, BOI-INT-AEA-30, § 1). Pour chaque loueur, la déclaration indique :
- son identité et son État de résidence ;
- les sommes perçues trimestre par trimestre et le nombre de locations ;
- les commissions et frais retenus par la plateforme ;
- l'adresse de chaque logement et, le cas échéant, le nombre de jours loués.
Aucun seuil ne protège les petits loueurs : la dispense prévue pour moins de 30 ventes et 2 000 € vise les ventes d'objets, pas la location de logements (art. 1649 ter C). La plateforme vous remet ces mêmes informations dans le même délai (art. 1649 ter D) : le relevé reçu en janvier 2026 couvre vos recettes de 2025.
Déclarer ses revenus Airbnb, étape par étape
- Dans les 15 jours qui suivent la première location, inscrivez gratuitement votre activité sur le guichet des formalités des entreprises : vous obtenez un numéro SIRET, à reporter sur la déclaration (service-public.fr, F32744).
- Sur la déclaration complémentaire 2042-C-PRO, rubrique des locations meublées non professionnelles, inscrivez le total des sommes encaissées dans l'année, charges comprises, sans retirer l'abattement : ligne 5NH pour un logement non classé, 5NG s'il est classé ; 5OH et 5OG pour le déclarant 2 (brochure, p. 173 à 175 ; fiche de la DGFiP).
- Indiquez l'adresse du logement loué. En location saisonnière, laissez vide la ligne « durée de l'exercice ».
- Au régime réel, le résultat vient de la déclaration 2031 : la marche à suivre est dans le guide de la location meublée non professionnelle.
Côté mairie, certaines communes exigent de déclarer le meublé de tourisme : le numéro d'enregistrement de 13 caractères obtenu doit figurer sur chaque annonce. Dans ces communes, une résidence principale ne peut être louée ainsi que 90 à 120 jours par an selon la commune, sauf raisons professionnelles ou de santé, ou force majeure (service-public.fr, F33175).
Cotisations sociales, taxe de séjour : les autres prélèvements
- Plus de 23 000 € encaissés dans l'année en location de courte durée : des cotisations sociales sont dues, comme travailleur indépendant ou, sur option, au régime général (code de la sécurité sociale, art. L611-1, 6° ; service-public.fr, F34102). Au micro-BIC, les recettes se déclarent alors ligne 5NK (non classé) ou 5NJ (classé), et l'administration fiscale ne prélève plus les 18,6 % (brochure, p. 173).
- La taxe de séjour, payée par vos voyageurs par personne et par nuit dans les communes qui l'ont instituée, collectée par vous ou par la plateforme qui encaisse le paiement, puis reversée à la commune, est une taxe locale, distincte de votre impôt sur le revenu (service-public.fr, F2048 ; F33175).
Ce qui a changé, ce qui peut changer
- Depuis les loyers de 2025, la loi Le Meur du 19 novembre 2024 a ramené l'abattement de 50 % à 30 % pour les meublés non classés et de 71 % à 50 % pour les classés (nouveautés 2026, p. 45 ; FAQ de la DGFiP, p. 13).
- Le projet de loi de finances pour 2027 limiterait l'amortissement des meublés non professionnels, plus fortement pour les meublés de tourisme. Rien n'est voté : suivez le texte sur notre page consacrée au projet de loi de finances 2027. Pour la revente d'un logement loué, voyez les exonérations de plus-value immobilière.
Questions fréquentes
Faut-il déclarer ses revenus Airbnb ?
Oui, sauf dans deux cas : des pièces du logement où vous vivez, louées à des voyageurs pour 760 € au plus dans l'année, ou une chambre louée à un occupant qui en fait sa résidence principale, à un loyer raisonnable. Le reste se déclare sur la 2042-C-PRO, ligne 5NH ou 5NG, avec votre numéro SIRET, même pour un seul week-end. La plateforme transmet de son côté vos recettes à l'administration.
Location courte durée : quel abattement en 2026 ?
Au micro-BIC, 30 % pour un meublé de tourisme non classé, dans la limite de 15 000 € de recettes, et 50 % pour un meublé classé, dans la limite de 77 700 € pour les loyers de 2025 et de 83 600 € pour ceux de 2026. Sur 6 000 € encaissés, 4 200 € sont imposés sans classement, 3 000 € avec. Le reste supporte le barème et 18,6 % de prélèvements sociaux.
Je loue ma résidence principale pendant mes vacances : suis-je imposé ?
Oui. Pendant vos absences, votre logement devient un meublé de tourisme, et ses recettes sont imposées au micro-BIC après 30 % d'abattement, ou 50 % s'il est classé. L'exonération de 760 € vise les pièces louées dans votre habitation principale. Dans les communes qui imposent un numéro d'enregistrement, la location de la résidence principale est en outre limitée à 90 à 120 jours par an.
Airbnb déclare-t-il mes revenus au fisc ?
Oui. Pour les locations faites depuis 2023, chaque plateforme déclare, au plus tard le 31 janvier de l'année suivante, les sommes perçues par chaque loueur trimestre par trimestre, le nombre de locations, ses commissions, l'adresse du logement et le nombre de jours loués. Si elle déclare dans un autre pays de l'Union, les données parviennent à la France, où se trouve le logement. Aucun seuil ne s'applique aux locations de logements, et vous recevez le même relevé.
À partir de quel montant paie-t-on des cotisations sociales sur une location courte durée ?
Dès que vos recettes de l'année dépassent 23 000 €, logement classé ou non. En dessous, seuls les prélèvements sociaux de 18,6 % s'appliquent au bénéfice imposable. Au-dessus, vous cotisez comme travailleur indépendant, ou au régime général sur option, et, au micro-BIC, vos recettes passent sur la ligne 5NK ou 5NJ de la 2042-C-PRO : l'administration fiscale ne leur applique alors plus les prélèvements sociaux.
Et pour votre situation ?
Demandez à l'assistant fiscal IA. Il répond sur votre situation et, pour l'impôt sur le revenu, chiffre au barème 2026 ce que vous pouvez gagner et vous dit quelle case remplir. Gratuit.Pour chiffrer votre impôt, utilisez le simulateur d'impôt 2026.
Sources
- DGFiP, brochure pratique 2026 de l'impôt sur le revenu : locations meublées non professionnelles et micro-BIC (p. 168, 173 à 175)
- DGFiP, brochure pratique 2026, principales nouveautés des revenus 2025 (p. 45)
- DGFiP, brochure pratique 2026 de l'impôt sur le revenu, aide-mémoire (revenus 2025)
- DGFiP, fiche « Comment déclarer mes revenus issus de la location meublée ? » (recettes de 2025)
- Code général des impôts, art. 35 bis, location d'une partie de l'habitation principale (Légifrance, version en vigueur depuis le 31 décembre 2023)
- Code général des impôts, art. 50-0, régime micro-BIC (Légifrance, version en vigueur depuis le 1er juillet 2026)
- Code général des impôts, art. 1649 ter A, déclaration des opérateurs de plateforme (Légifrance, en vigueur depuis le 1er janvier 2023)
- Code général des impôts, art. 1649 ter C, vendeurs et loueurs à déclarer (Légifrance)
- Code général des impôts, art. 1649 ter D, informations remises au loueur (Légifrance)
- Code de la sécurité sociale, art. L611-1, 6°, location meublée de courte durée (Légifrance)
- BOFiP, BOI-BIC-CHAMP-40-20 du 19 août 2026 : location meublée, catégories de location et exonérations (§ 55 et 60 à 230)
- BOFiP, BOI-BAREME-000044 du 19 août 2026 : seuils du micro-BIC pour 2025 et pour 2026 à 2028
- BOFiP, BOI-INT-AEA-30 du 13 décembre 2023 : obligations des opérateurs de plateforme et échange entre États (§ 1)
- DGFiP, foire aux questions « Régime des locations meublées » (mars 2026), p. 13
- service-public.gouv.fr, fiche F32744 « Revenus d'une location meublée » (vérifiée le 15 avril 2026)
- service-public.gouv.fr, fiche F33175 « Faire de sa résidence principale une location de vacances » (vérifiée le 21 mai 2026)
- service-public.gouv.fr, fiche F34102, cotisations sociales d'une location meublée (vérifiée le 20 février 2026)
- service-public.gouv.fr, fiche F2048 « Qu'est-ce que la taxe de séjour ? »
Information générale, qui ne remplace pas l'examen d'une situation particulière. Baisse mon impôt est un service privé, sans lien avec l'administration fiscale.