Ce que vise l'impôt sur la plus-value d'actions
Est imposé le gain d'un particulier qui vend des valeurs mobilières de son patrimoine privé : actions, obligations, parts de SICAV ou de FCP d'un compte-titres ordinaire, parts de société (CGI, art. 150-0 A ; brochure pratique 2026, p. 138). Il se rattache à l'année de la vente et échappe au prélèvement à la source (nouveautés, p. 48) : une vente de 2025 se déclare au printemps 2026, et l'impôt comme les prélèvements sociaux arrivent avec l'avis qui suit.
Ont leurs propres règles : les gains d'un PEA, les titres d'un plan d'épargne entreprise, dont la plus-value est exonérée d'impôt sur le revenu (impots.gouv.fr), et les cryptomonnaies. Le gain entre enfin, avant tout abattement, dans votre revenu fiscal de référence (brochure, p. 139).
Calculer la plus-value d'un compte-titres : prix net et prix moyen pondéré
La plus-value est l'écart entre le prix de vente, net des frais et taxes payés par le vendeur, et le prix d'achat, frais d'achat compris (CGI, art. 150-0 D, 1 ; BOFiP, BOI-RPPM-PVBMI-20-10-20-10, § 40 et 50). Pour des titres reçus par donation ou héritage, le prix d'achat est la valeur retenue pour les droits de mutation.
Une action achetée en plusieurs fois n'a qu'un prix de revient, la moyenne pondérée de ses achats : vous ne choisissez pas les titres vendus (CGI, art. 150-0 D, 3 ; BOFiP, BOI-RPPM-PVBMI-20-10-20-40, § 20). Ce prix moyen ne change pas après une vente partielle, seulement au prochain achat, et il peut se calculer compte par compte, chez chaque banque (même BOFiP, § 40 et 50).
Votre plus-value coûterait-elle moins au barème qu'à 12,8 % ? Joignez votre IFU ou votre avis d'impôt : l'assistant fiscal IA estime votre taux marginal au barème 2026 ; il ne calcule pas les prélèvements sociaux.12,8 % d'impôt, 18,6 % de prélèvements sociaux, ou le barème
Sans option, la plus-value nette est imposée à 12,8 % (CGI, art. 200 A, 1), plus 18,6 % de prélèvements sociaux pour une vente de 2025 comme de 2026 : 10,6 % de CSG, 0,5 % de CRDS et 7,5 % de prélèvement de solidarité (brochure, p. 137 ; service-public.gouv.fr), la CSG des revenus du patrimoine étant passée de 9,2 % à 10,6 % dès les revenus de 2025 (nouveautés, p. 45 ; CSS, art. L136-8). Total : 31,4 %.
Cocher la case 2OP fait basculer au barème progressif l'ensemble des dividendes, intérêts et plus-values de valeurs mobilières du foyer de l'année, pas la seule vente (CGI, art. 200 A, 2) ; cochée l'an dernier, elle l'est d'office (brochure, p. 137). Avec elle, 6,8 points de la CSG se déduisent du revenu de l'année où elle est payée, l'année suivante (CGI, art. 154 quinquies, II ; charges à déduire, p. 225).
Pour des titres achetés depuis 2018, sans abattement, le barème ne gagne que si votre taux marginal est nul ou de 11 %, et pas toujours dans la zone de la décote : voir flat tax ou barème. Les prélèvements sociaux ne changent pas avec l'option : ils portent sur toute la plus-value nette (CSS, art. L136-6).
Titres achetés avant 2018 : l'abattement pour durée de détention
Pour des actions, parts de société ou parts de fonds investis à plus de 75 % en actions, acquises avant le 1er janvier 2018, l'option pour le barème ouvre un abattement sur la plus-value nette (CGI, art. 150-0 D, 1 ter ; brochure, p. 139 et 140). Il ne réduit ni les prélèvements sociaux ni le revenu fiscal de référence.
| Détention | Droit commun | Renforcé, jeune PME |
|---|---|---|
| Moins de 1 an | 0 % | 0 % |
| De 1 an à moins de 2 ans | 0 % | 50 % |
| De 2 ans à moins de 4 ans | 50 % | 50 % |
| De 4 ans à moins de 8 ans | 50 % | 65 % |
| 8 ans et plus | 65 % | 85 % |
Le taux renforcé vise une PME européenne créée depuis moins de dix ans à l'achat, non issue d'une restructuration, exerçant une activité commerciale, industrielle, artisanale, libérale ou agricole (CGI, art. 150-0 D, 1 quater) ; il impose le formulaire 2074 (brochure, p. 137).
À part, le dirigeant de PME qui cède ses titres en partant à la retraite peut, sous conditions, retirer de sa plus-value un abattement fixe de 500 000 € (600 000 € pour une cession à de jeunes agriculteurs aidés), à 12,8 % comme au barème, pour les cessions faites jusqu'au 31 décembre 2031 (CGI, art. 150-0 D ter ; brochure, p. 141). Le projet de loi de finances pour 2027 en précise les conditions pour les sociétés d'exercice libéral : voir la page du projet de loi de finances 2027.
Moins-value : imputation et report sur 10 ans
Une moins-value ne se déduit jamais du revenu global : elle ne s'impute que sur des plus-values de même nature (CGI, art. 150-0 D, 11 ; impots.gouv.fr), dans cet ordre :
- les pertes de l'année effacent d'abord les gains de l'année, avant tout abattement ;
- s'il reste un gain, il absorbe les pertes des dix années précédentes, les plus anciennes d'abord (brochure, p. 142) ;
- s'il reste une perte, elle se reporte sur les gains des dix années suivantes.
Toutes les pertes disponibles s'imputent, dans la limite des gains : impossible d'en garder pour plus tard (impots.gouv.fr). Sont de même nature les gains et pertes sur actions, obligations, parts de fonds, et ceux d'un PEA retiré avant 5 ans (BOFiP, BOI-RPPM-PVBMI-20-10-40, § 10 et 15 ; brochure, p. 142) ; pas les cryptomonnaies, dont les pertes ne s'imputent sur aucun autre gain (même page d'impots.gouv.fr). La fiche 2074-CMV fait l'imputation et suit votre stock de pertes.
Exemple pas à pas : une vente de 2025 et une perte reportée
Julie, célibataire, a acheté 100 actions A en 2019 pour 4 500 € et 100 en 2022 pour 7 500 €, frais compris. En 2025, elle en vend 120 à 99,30 € (16 € de frais) et solde une ligne B achetée 3 500 €, revendue 2 200 € net. Il lui reste 900 € de pertes de 2023.
| Étape | Calcul | Résultat |
|---|---|---|
| Prix moyen d'une action A | (4 500 + 7 500) ÷ 200 titres | 60 € |
| Vente de 120 actions A | 120 × 99,30 − 16 € de frais | 11 900 € |
| Plus-value sur A | 11 900 − 120 × 60 | 4 700 € |
| Moins-value sur B, imputée en premier | 2 200 − 3 500 | − 1 300 € |
| Perte de 2023, imputée ensuite | Report disponible | − 900 € |
| Plus-value nette imposable | 4 700 − 1 300 − 900 | 2 500 € |
Impôt à 12,8 % : 320 €. Prélèvements sociaux à 18,6 % : 465 €. Total : 785 €, sur l'avis d'impôt de 2026. Les 80 actions A restantes gardent leur prix de revient de 60 €. Sans abattement possible, l'option pour le barème ne se jugerait qu'à son taux marginal.
Déclarer en 2026 : cases 3VG, 3SG, 3VH ou formulaire 2074
En début d'année, chaque banque vous remet son imprimé fiscal unique (IFU), qui récapitule les opérations de l'année et, en principe, les plus ou moins-values calculées (BOFiP, BOI-RPPM-PVBMI-40-30-10, § 50 et 60 ; impots.gouv.fr). Ces montants vont sur la déclaration 2042 C (brochure, p. 138 à 142) :
- case 3VG : la plus-value nette, pertes imputées, avant abattement (2 500 € pour Julie) ;
- case 3SG : l'abattement de droit commun, avec la case 2OP ;
- case 3VH : la seule perte nette de 2025, sans celles des années passées ;
- cases 3UA, 3SL et 3VA : l'abattement renforcé ou l'abattement fixe des dirigeants.
Pas de formulaire 2074 si vous n'avez fait qu'un type d'opération (ventes de titres, ou clôture d'un PEA) et que vos banques ont tout calculé : les fiches 2074-CMV et 2074-ABT suffisent. Il est obligatoire si vous calculez vous-même un gain, demandez l'abattement renforcé ou vendez des titres qui ont ouvert une réduction d'impôt PME (brochure, p. 137).
L'assistant fiscal IA estime votre taux marginal au barème 2026 d'après l'IFU ou l'avis d'impôt que vous lui joignez.
Questions fréquentes
Quel est l'impôt sur une plus-value d'actions en 2026 ?
Pour une vente de 2025, déclarée en 2026, la plus-value nette est imposée à 12,8 % d'impôt sur le revenu, plus 18,6 % de prélèvements sociaux : 31,4 % en tout, soit 314 € pour 1 000 € de gain. Les textes en vigueur prévoient les mêmes taux pour une vente de 2026. La case 2OP soumet à la place la plus-value au barème progressif, avec un abattement pour les titres achetés avant 2018 ; les prélèvements sociaux ne changent pas.
Comment calculer la plus-value d'un compte-titres ?
Prenez le prix de vente, diminué des frais de vente, et retirez le prix de revient des titres vendus. Si vous avez acheté la même action en plusieurs fois, ce prix de revient est obligatoirement le prix moyen pondéré de la ligne, frais d'achat compris. Exemple : 200 actions payées 12 000 € en tout, soit 60 € l'une ; 120 vendues pour 11 900 € nets de frais : 4 700 € de plus-value. Votre banque fait en principe ce calcul.
Combien de temps une moins-value est-elle reportable ?
Dix ans. Une perte nette de 2025 s'impute sur les plus-values de même nature des années 2026 à 2035 ; elle ne réduit jamais votre revenu global. Chaque année, les pertes de l'année passent d'abord, puis les plus anciennes. Vous ne pouvez pas en garder en réserve : elles s'imputent dès qu'un gain apparaît, dans la limite de ce gain. Seule la perte de l'année se déclare, en case 3VH.
Faut-il cocher la case 2OP pour une plus-value d'actions ?
Seulement si le barème vous coûte moins que 12,8 % : foyer non imposable, ou taux marginal de 11 % en dehors de la décote, ou titres achetés avant 2018, qui ont alors droit à 50 % ou 65 % d'abattement. L'option est globale : elle vaut pour tous vos dividendes, intérêts et plus-values de l'année. Pour le couple de l'exemple, elle ramène l'impôt sur 10 000 € de gain de 1 280 € à 385 €.
Faut-il remplir le formulaire 2074 ?
Non si vous n'avez fait qu'un type d'opération, des ventes de titres ou la clôture d'un PEA, et que vos banques ont calculé toutes vos plus et moins-values : vous reportez les montants en cases 3VG, 3SG ou 3VH de la 2042 C, avec l'aide des fiches 2074-CMV et 2074-ABT. Oui si vous calculez vous-même un gain, si vous demandez l'abattement renforcé ou si les titres vendus ont ouvert une réduction d'impôt pour investissement dans une PME.
Et pour votre situation ?
Demandez à l'assistant fiscal IA. Il répond sur votre situation et, pour l'impôt sur le revenu, chiffre au barème 2026 ce que vous pouvez gagner et vous dit quelle case remplir. Gratuit.Pour chiffrer votre impôt, utilisez le simulateur d'impôt 2026.
Sources
- DGFiP, brochure pratique 2026, plus-values de cession de valeurs mobilières et moins-values (p. 137 à 143)
- DGFiP, brochure pratique 2026, principales nouveautés : CSG à 10,6 % (p. 45), prélèvement à la source (p. 48)
- DGFiP, brochure pratique 2026, charges à déduire du revenu : CSG déductible (p. 225)
- DGFiP, fiche n° 2074-CMV, plus ou moins-values réalisées en 2025 : imputation et suivi des moins-values
- impots.gouv.fr, « Les cessions mobilières » (modifié le 8 avril 2026)
- service-public.gouv.fr, fiche F2329, prélèvements sociaux sur les revenus du patrimoine (vérifiée le 30 juin 2026)
- CGI, article 150-0 A (gains de cession de valeurs mobilières), version en vigueur depuis le 21 février 2026
- CGI, article 150-0 D, 1, 1 ter, 1 quater, 1 quinquies, 3 et 11 (calcul du gain, abattements, prix moyen pondéré, moins-values), version en vigueur depuis le 21 février 2026
- CGI, article 150-0 D ter (abattement fixe des dirigeants qui partent à la retraite), version en vigueur depuis le 21 février 2026
- CGI, article 200 A, 1 et 2 (taux de 12,8 %, option globale pour le barème), version en vigueur depuis le 21 février 2026
- CGI, article 154 quinquies, II (CSG déductible l'année de son paiement), version en vigueur depuis le 27 juin 2026
- Code de la sécurité sociale, article L136-6 (CSG sur les revenus du patrimoine, assiette sans abattement), version en vigueur depuis le 16 février 2025
- Code de la sécurité sociale, article L136-8 (CSG à 10,6 %), version en vigueur depuis le 27 juin 2026
- BOFiP, BOI-RPPM-PVBMI-20-10-20-10 du 25 mai 2023 : prix d'acquisition majoré des frais d'achat (§ 40 et 50)
- BOFiP, BOI-RPPM-PVBMI-20-10-20-40 du 20 décembre 2019 : règle du prix moyen pondéré (§ 20 à 50)
- BOFiP, BOI-RPPM-PVBMI-20-10-40 du 10 avril 2025 : moins-values de même nature (§ 1 à 15)
- BOFiP, BOI-RPPM-PVBMI-40-30-10 du 21 juin 2023 : imprimé fiscal unique des établissements payeurs (§ 50 et 60)
Information générale, qui ne remplace pas l'examen d'une situation particulière. Baisse mon impôt est un service privé, sans lien avec l'administration fiscale.