Quels trimestres peut-on racheter ?
Le régime général permet de racheter jusqu'à douze trimestres au total (code de la sécurité sociale, art. L. 351-14-1). Ce « versement pour la retraite » vise surtout deux périodes :
- les années d'études supérieures sanctionnées par un diplôme (être admis en grande école ou en classe préparatoire vaut diplôme), si le régime général est le premier auquel vous avez cotisé ensuite ;
- les années incomplètes, celles où votre activité vous a valu moins de quatre trimestres.
La demande se fait à partir de 20 ans et avant 67 ans, tant que vous n'avez pas demandé votre retraite. Vous choisissez des trimestres qui comptent pour le seul taux de la pension, ou pour le taux et la durée d'assurance ; aucun ne sert à ouvrir le droit à une retraite anticipée (service-public.fr, F15675). Le prix est calculé pour que l'opération reste neutre pour le régime : la loi parle de « neutralité actuarielle ».
Les fonctionnaires rachètent leurs années d'études auprès de leur propre régime, de 1 à 12 trimestres, avec trois options (service-public.fr, F1049) ; les professions libérales auprès du leur, dans la même limite de douze trimestres (art. L. 643-2). Les points de retraite complémentaire Agirc-Arrco des mêmes années se rachètent aussi (F15675).
Rachat de trimestres déductible : la règle du salarié
Les sommes versées sont des cotisations d'assurance vieillesse : elles se déduisent du salaire imposable (CGI, art. 83, 1°, a) sans limite de montant, le seul plafond étant celui des douze trimestres (BOFiP, BOI-RSA-BASE-30-10-10, § 10 et 20). La déduction porte sur l'année du paiement (BOFiP, BOI-IR-BASE-20-60-10, § 150) et vaut aussi pour un rachat dans un régime complémentaire obligatoire (brochure pratique 2026, traitements et salaires, p. 101). Selon votre situation :
- salarié : retranchez le rachat du salaire prérempli case 1AJ (1BJ pour le conjoint) et joignez une note qui détaille le calcul (notice de la déclaration 2026, p. 9) ;
- rachat plus élevé que le salaire : gardez le salaire en case 1AJ et portez le rachat en frais réels, case 1AK (brochure, p. 101) ;
- plus de salaire mais une pension : le rachat se retranche de la pension (même page) ;
- ni salaire ni pension : il se déclare case 6DD de la déclaration 2042 C (brochure 2026, charges à déduire, p. 229).
Un détail change le résultat : la déduction forfaitaire de 10 % se calcule sur le salaire diminué des cotisations, rachat compris (CGI, art. 83, 3°). Tant qu'elle reste entre 509 € et 14 555 € sur les revenus de 2025 (aide-mémoire 2026, p. 52), 1 000 € de rachat font baisser le revenu imposable de 900 €. Avec des frais réels, ils le font baisser de 1 000 €.
Que vous rapporterait chaque euro de rachat de trimestres ? L'assistant fiscal IA estime votre taux marginal au barème 2026, donc ce que rapporte chaque euro déduit, et répond à vos questions sur le rachat.Fonctionnaire ou indépendant : où se fait la déduction
Fonctionnaire. Le rachat des années d'études (code des pensions civiles et militaires de retraite, art. L. 9 bis, pour l'État ; régime de la CNRACL pour les fonctions publiques territoriale et hospitalière) se retranche du traitement imposable, l'année du versement (service-public.fr, F1049 ; BOFiP, BOI-IR-BASE-20-60-10, § 130 et 150).
Indépendant au régime réel. Le rachat se déduit du bénéfice imposable, en BIC comme en BNC, sans plafond (CGI, art. 154 bis, I ; brochure 2026, charges à déduire, p. 233). Le BOFiP le confirme pour les professions libérales (BOI-BNC-BASE-40-60-50-20, § 50) comme pour les artisans et commerçants (BOI-BIC-CHG-40-50-30, § 110). Après la cessation d'activité, tant qu'aucune pension n'est versée, il passe case 6DD (brochure, p. 229).
Paiement échelonné : une déduction par année de versement
Au régime général, un rachat de 2 à 8 trimestres peut se régler par prélèvements mensuels sur un à trois ans, un rachat de 9 trimestres ou plus sur un, trois ou cinq ans. Au-delà d'un an, le reste dû est majoré chaque année selon la hausse prévue des prix hors tabac (service-public.fr, F15675). Un fonctionnaire peut étaler jusqu'à 3, 5 ou 7 ans selon le nombre de trimestres (F1049).
Chaque échéance se déduit l'année où elle est payée ; pour un indépendant, la majoration se déduit aussi (BOFiP, BOI-BIC-CHG-40-50-30, § 110). L'étalement partage donc l'économie d'impôt entre plusieurs déclarations, chacune à son propre taux marginal. Il évite qu'une forte somme, déduite d'un coup, fasse retomber une partie du revenu dans une tranche plus basse, où elle rapporterait moins. Payer en une fois concentre au contraire toute la déduction sur une seule année.
Combien d'impôt en moins ? Votre taux marginal le dit
La somme déduite est retranchée du haut de votre revenu : l'économie se calcule à votre taux marginal d'imposition, 11 %, 30 %, 41 % ou 45 % sur les revenus de 2025 (brochure 2026, calcul de l'impôt, p. 371). Pour un salarié à la déduction de 10 %, l'économie égale ce taux appliqué à 90 % du rachat. Un foyer qui reste non imposable n'y gagne rien.
Le rachat diminue aussi le revenu fiscal de référence : contrairement aux versements sur un plan d'épargne retraite, il n'y est pas réintégré (CGI, art. 1417, IV). Les seuils qui en dépendent sont présentés dans notre guide du revenu fiscal de référence.
Exemple au barème 2026 : 8 000 € de rachat
Paul, célibataire sans enfant, a 52 000 € de salaire net imposable en 2025, prérempli case 1AJ. Il a versé 8 000 € à sa caisse de retraite cette année-là pour racheter des années d'études. Calcul au barème des revenus 2025 (brochure 2026, p. 371) :
- Case 1AJ corrigée : 52 000 − 8 000 = 44 000 €.
- Déduction de 10 % : 4 400 € au lieu de 5 200 €. Revenu imposable : 39 600 € au lieu de 46 800 €, soit 7 200 € de moins.
- Impôt sans le rachat : (29 579 − 11 600) × 11 % + (46 800 − 29 579) × 30 % = 1 977,69 + 5 166,30 = 7 143,99 €, arrondis à 7 144 €.
- Impôt avec le rachat : 1 977,69 + (39 600 − 29 579) × 30 % = 1 977,69 + 3 006,30 = 4 983,99 €, arrondis à 4 984 €.
- Économie : 2 160 €, soit 30 % des 7 200 € déduits, ou 27 % du rachat.
Les deux revenus restent dans la tranche à 30 % : toute la déduction y joue. Après impôt, le rachat coûte donc 5 840 € à Paul. S'il l'avait payé sur trois ans, chaque échéance se serait déduite l'année de son versement. Le simulateur d'impôt refait ce calcul avec vos montants.
Le prix et l'intérêt du rachat : une question de retraite
Le prix d'un trimestre varie selon l'option, l'âge et les revenus du demandeur. L'Assurance retraite propose un simulateur du coût ; après la demande, la caisse adresse une évaluation du montant à verser, que vous acceptez ou non (service-public.fr, F15675). Pour les années d'études, un tarif réduit reste ouvert jusqu'au 31 décembre de l'année où vous avez 40 ans (l'Assurance retraite).
L'intérêt du rachat se mesure sur la pension : trimestres manquants, âge de départ, montant gagné chaque année. La déduction ne fait que réduire le prix. Si un rachat devient sans objet parce que l'âge légal a été relevé, son remboursement peut, dans certains cas, être demandé ; il s'impose alors dans la catégorie où il avait été déduit (brochure 2026, p. 101), et peut, sur demande, relever du système du quotient des revenus exceptionnels (même brochure, p. 333).
Pour connaître votre taux marginal, l'assistant fiscal IA l'estime au barème 2026 d'après votre situation ou votre avis d'impôt, et répond à vos questions sur la déduction.
Questions fréquentes
Le rachat de trimestres est-il déductible des impôts ?
Oui. Les sommes versées pour racheter des années d'études ou des années incomplètes, dans la limite de douze trimestres, se déduisent sans plafond de montant : du salaire pour un salarié ou un fonctionnaire, de la pension pour qui n'a plus de salaire, du bénéfice pour un indépendant au régime réel. La déduction vaut pour l'année du paiement ; un rachat étalé se déduit échéance par échéance.
Combien d'impôt économise-t-on avec un rachat de trimestres ?
Le montant déduit multiplié par votre taux marginal. Pour un salarié à la déduction forfaitaire de 10 %, comptez 90 % du rachat : 8 000 € versés en 2025 par un célibataire à 52 000 € de salaire baissent son revenu imposable de 7 200 € et son impôt de 2 160 €, au taux de 30 %. Un foyer qui reste non imposable n'y gagne rien.
Comment déclarer un rachat de trimestres ?
Un salarié retranche la somme payée dans l'année du salaire prérempli case 1AJ (1BJ pour le conjoint) et joint une note de calcul. Si le rachat dépasse le salaire, le salaire reste en 1AJ et le rachat passe en frais réels, case 1AK. Sans salaire mais avec une pension, il se retranche de la pension ; sans l'un ni l'autre, il se porte case 6DD de la déclaration 2042 C.
Peut-on étaler le paiement d'un rachat de trimestres ?
Oui. Au régime général, un rachat de 2 à 8 trimestres se paie sur un à trois ans, un rachat d'au moins 9 trimestres sur un, trois ou cinq ans ; au-delà d'un an, le reste dû est majoré chaque année selon les prix. Un fonctionnaire peut étaler jusqu'à 7 ans pour 9 à 12 trimestres. Chaque année, seule la somme payée se déduit, à votre taux marginal de l'année.
Rachat de trimestres retraite et impôt : y a-t-il un plafond ?
Pas de plafond de montant : contrairement à un versement sur un plan d'épargne retraite, le rachat ne s'impute sur aucun plafond de déduction. La seule limite est celle du rachat lui-même, douze trimestres au total pour les années d'études et les années incomplètes. Un indépendant au régime réel le déduit lui aussi en totalité de son bénéfice.
Et pour votre situation ?
Demandez à l'assistant fiscal IA. Il répond sur votre situation et, pour l'impôt sur le revenu, chiffre au barème 2026 ce que vous pouvez gagner et vous dit quelle case remplir. Gratuit.Pour chiffrer votre impôt, utilisez le simulateur d'impôt 2026.
Sources
- Code de la sécurité sociale, art. L. 351-14-1 (rachat des années d'études et des années incomplètes), version en vigueur depuis le 1er septembre 2023, Légifrance
- Code de la sécurité sociale, art. L. 643-2 (rachat dans le régime de base des professions libérales), Légifrance
- Code général des impôts, art. 83, 1° a (cotisations de rachat) et 3° (déduction forfaitaire de 10 %), version en vigueur depuis le 1er juillet 2026, Légifrance
- Code général des impôts, art. 154 bis, I (cotisations de rachat déductibles du bénéfice), Légifrance
- Code général des impôts, art. 1417, IV (revenu fiscal de référence), version en vigueur depuis le 1er juillet 2026, Légifrance
- BOFiP, BOI-RSA-BASE-30-10-10, cotisations déductibles sans limite, rachats compris (§ 10 et 20), version du 12 septembre 2012
- BOFiP, BOI-IR-BASE-20-60-10, rachat de cotisations : salariés, retraités, revenu global (§ 130 à 160), version du 7 septembre 2016
- BOFiP, BOI-BIC-CHG-40-50-30, rachats des artisans et commerçants, paiement échelonné (§ 110), version du 27 octobre 2014
- BOFiP, BOI-BNC-BASE-40-60-50-20, rachats des professions libérales déductibles sans limitation (§ 50), version du 7 octobre 2014
- DGFiP, brochure pratique 2026, traitements et salaires : cotisations de rachat, notes 11 et 12 (p. 101)
- DGFiP, brochure pratique 2026, charges à déduire du revenu : case 6DD (p. 229), rachats déductibles sans plafonnement (p. 233)
- DGFiP, brochure pratique 2026, divers : remboursement de rachats de cotisations parmi les revenus exceptionnels (p. 333)
- DGFiP, brochure pratique 2026, calcul de l'impôt : barème des revenus 2025 (p. 371)
- DGFiP, brochure pratique 2026 de l'impôt sur le revenu, aide-mémoire (revenus 2025) : déduction de 10 % sur les salaires, 509 € et 14 555 € (p. 52)
- DGFiP, notice de la déclaration des revenus 2025 (2041-NOT, 2026) : rachat de cotisations de retraite (p. 9)
- service-public.fr, retraite du salarié dans le secteur privé : rachat de trimestres (fiche F15675, vérifiée le 1er janvier 2026)
- service-public.fr, rachat des années d'études pour la retraite de la fonction publique (fiche F1049, vérifiée le 6 janvier 2026)
- L'Assurance retraite, le rachat de trimestres (tarif réduit des années d'études), page consultée le 26 octobre 2026
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